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En tout  temps, ils vous regardent

05/20/2020

Conseils pour les parents sur comment influencer vos jeunes en ces moments de grand stress.

Les jeunes apprennent en vous regardant agir et… ils vous ont à l’œil en tout temps!

En bas âge, ils imitent vos moindres faits et gestes, répètent ce que vous dites et s’amusent à faire des jeux de rôle de ce que vous faites – autant vos bons coups que les moins bons.

Avez-vous déjà écouté un enfant simuler une conversation téléphonique? Ou, deux enfants qui jouent ensemble à prendre «le thé» comme les grands tout en y tenant des propos d’adultes.

Outre le fait que ces jeux sont divertissants, ils démontrent clairement que les enfants copient les comportements des adultes qu’ils ont devant les yeux tous les jours et s’en servent comme exemples à suivre. Ainsi, ils interprètent vos sentiments envers les valeurs familiales, vos interactions avec les autres et comment vous vous comportez durant les moments heureux et durant les périodes de stress.

Au fur et à mesure que les enfants vieillissent, ils continuent à tout surveiller mais avec un regard différent. Plutôt que de simplement imiter les adultes comme ils le faisaient en bas âge dans leurs jeux d’enfant, ils observent et jugent les comportements et les actions des adultes plus particulièrement leurs parents à savoir si c’est acceptable. Après tout, si leur mère et leur père le font, ça doit être correct aussi pour eux.

Durant les périodes plus difficiles comme la crise actuelle de la COVID-19, les adultes et les enfants tentent de gérer leur nouvel environnement et le niveau de stress augmente.

Les enfants normalement occupés par les sports, les fêtes d’enfants, les soirées pyjama et toutes sortes d’activités sociales avec leurs amis se retrouvent confinés à la maison et entrevoient un long été avec plusieurs activités restreintes.

Les parents doivent jongler avec diverses alternatives pour tenir leurs enfants et ados occupés, en santé et heureux. En même temps, ils sont privés de la stimulation que leur procurent l’environnement du travail et la camaraderie de leurs collègues sans oublier la structure et la routine quotidienne qui étaient leur normalité.

Outre leur rôle parental, ils sont confrontés à une foule de tâches au quotidien. Ils doivent porter des masques à l’extérieur, désinfecter l’épicerie, maintenir un inventaire de masques, gants et désinfectants à la maison et s’assurer que tous les membres de la famille respectent les mesures de distanciation.

Aux divers facteurs de stress, ajoutez l’incertitude financière, la peur de l’inconnu et l’inquiétude pour un membre de la famille, un ami ou une connaissance qui peut être malade ou à risque et la charge émotive devient insoutenable.

Tout cela pour dire que les parents peuvent réagir différemment à cette «nouvelle normalité».  

Certains parents ont déjà mis en pratique des stratégies d’adaptation qui, selon eux, les aident à faire face à leurs émotions et à leurs sentiments de peur, de frustration, de colère et de stress. Plusieurs de ces stratégies sont saines comme la pratique du yoga ou de faire des exercices dénichés en ligne. Certains parents impliquent leurs enfants dans de nouveaux loisirs comme des travaux d’artisanat, faire du pain ou des desserts, ou refaire la décoration d’une pièce de la maison.

D’autres parents peuvent se tourner vers des mécanismes d’adaptation moins sains comme boire plus d’alcool, commencer ou accroître la consommation de substances ou s’auto-médicamenter pour se calmer et pouvoir continuer.

Ces comportements peuvent avoir vu le jour pendant des périodes de stress, avec l’intention de revenir, après la crise, à des niveaux de consommation antérieurs, mais les enfants ne voient pas nécessairement les choses de cette façon.

Ils peuvent remarquer des changements de comportement qui peuvent découler d’un usage accru d’alcool, de tabac, de cannabis ou de médicaments d’ordonnance.

Ils peuvent voir ou entendre papa ou maman exprimer plus de colère, faire preuve de moins de patience, dormir davantage, ou ne pas être aussi présents et attentifs qu’ils le seraient normalement au sein de la famille. Ils les entendent peut-être se confier à un ami ou à un autre membre de la famille et dire : « Je suis tellement stressé; un verre de vin, une bière, une cigarette ou un joint me ferait du bien ». Ou encore « J’ai hâte de voir l’heure de l’apéro arriver. »

Traduction pour les enfants : « Quand je me sens stressé, un verre de vin, une bière ou un joint va m’aider. »

Les parents essaient juste de passer au travers de cette période difficile. Ils ne sont peut-être même pas conscients d’être en train de transmettre des messages négatifs aux enfants.

« La façon dont un adulte consomme de l’alcool ou de la drogue peut jouer sur les décisions que prendront leurs enfants quant à la consommation d’alcool ou de drogue. »1

Selon un sondage Nanos commandé par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS), 25 % des Canadiens âgés de 35 à 54 ans et 21 % des 18 à 34 ans sont d’accord pour dire que leur consommation d’alcool a augmenté.

Voici quelques-unes des principales raisons invoquées par ceux qui indiquent une augmentation de leur consommation d’alcool depuis le début de la pandémie :

  • 51 % d’entre eux affirment que l’absence d’horaires réguliers brouille les cartes : il n’y pas plus de différence entre les jours de semaine et les fins de semaine. Ceux qui se réjouissaient de prendre un verre la fin de semaine après une semaine de travail se sentent seuls et isolés, et cherchent des moyens de passer à travers de longues journées de travail ennuyantes. Pour certains, « l’heure de l’apéro » est devenue une activité régulière.
  • 49 % de ceux qui ont augmenté leur consommation d’alcool mentionnent que l’ennui a contribué à changer leurs habitudes de consommation d’alcool. Tenter de vivre des expériences inspirantes, stimulantes et enrichissantes tout en restant à la maison avec leurs familles respectives peut se révéler quelque peu fastidieux à la longue.
  • Et, ce n’est pas une surprise, 44 % des adultes interrogés mentionnent que le stress a contribué à leur consommation accrue d’alcool. Le facteur de l’inconnu, ajouté à une pléthore de données, de chiffres et de spéculations effrayantes diffusés par les médias, peut être envahissant.
  • Enfin, certains affirment qu’ils ont regarni leur réserve d’alcool dès les premiers jours de la pandémie et que la disponibilité, en soi, des produits d’alcool a pu contribuer à l’augmentation de leur consommation.

Il importe de comprendre que l’alcool et le cannabis peuvent affaiblir le système immunitaire et nous rendre plus vulnérables à des infections telles que la COVID-19 et d’autres maladies respiratoires.2, 3

Pour consulter la totalité du contenu de l’enquête effectuée par Nanos, veuillez cliquer ici 

Le sentiment de culpabilité que l’on ressent face à de mauvais choix faits en des périodes difficiles peut juste ajouter à votre stress. Certes, il est bon d’être conscient de nos choix et des conséquences qui peuvent en découler. Il est important aussi de comprendre que nos enfants peuvent interpréter ces choix comme étant des moyens valables de gérer le stress, l’angoisse et d’autres émotions.

Il est important, pour vous et vos enfants, d’essayer de trouver un équilibre à travers les hauts et les bas de la vie, surtout pendant la pandémie actuelle. Nous devons tous savoir que nous pouvons affronter cette crise et que nous allons nous en sortir.

Voici quelques suggestions utiles :

  • Prenez connaissance des Directives de consommation d’alcool à faible risque du Canada.
  • Soyez honnête(s) avec vos enfants si vous avez fait des choix malsains. Expliquez-leur que vous êtes stressé pendant une période aussi imprévisible et que vous avez, à l’occasion, fait des mauvais choix. Demandez-leur ce qu’ils ressentent et ce qu’ils font pour réduire leur stress ou leur angoisse.
  • Livrez-vous à un exercice de remue-méninges à l’égard d’activités saines que vous pouvez effectuer avec eux et assurez-vous de souligner vos meilleurs coups.
  • Communiquez avec les membres de votre famille et vos amis à l’aide des nombreuses applications Internet disponibles. Demandez-leur ce qu’ils font pour faire face à la situation. Qu’est-ce que leurs enfants font?
  • Sortez de chez vous tout en suivant les consignes au sujet de la distanciation sociale et du lavage des mains.
  • Prenez une pause, détendez-vous, refaites le plein d’énergie et retrouvez votre vie!
  • Pour connaître d’autres stratégies d’adaptation pouvant vous aider à faire face à la situation et offerts par Jeunesse sans drogue Canada pendant la pandémie de COVID-19, veuillez cliquer ici.

 

1.Gouvernement de la Saskatchewan, Mental Health and COVID-19 (santé mentale et COVID-19), 2020
2.Santé Canada, 2020; National Institute on Drug Abuse (É.-U.), 2020
3.Cabral, Rogers et Lichtman, 2015; Greineisen et Turner, 2010