Dialoguer avec votre adolescent

Établissez un plan

Avant d’engager la conversation avec votre adolescent, vous devez vous préparer.

Faites une promenade ou installez-vous dans un endroit calme, puis réfléchissez. Songez aux faits. Tentez d’éviter les sentiments négatifs comme la colère et l’impression d’avoir été trahi, qui ne vous aideront pas au cours de la conversation et qui pourraient faire en sorte que votre enfant fasse la sourde oreille. Organisez vos idées. Décidez de ce que vous voulez dire à votre adolescent. Songez aux ressources auxquelles vous pourriez faire appel : un conseiller, un chef spirituel, un conseiller pédagogique, etc. Tenez un journal quotidien de vos émotions, de vos discussions et de vos progrès afin de dégager les tendances de votre comportement.

Présentez les faits

Choisissez votre ton judicieusement. Engagez la discussion en disant à votre adolescent que vous l’aimez et que vous vous inquiétez pour lui. Vous pouvez commencer en lui expliquant ce dont vous êtes au courant : vous avez trouvé des accessoires facilitant la consommation de drogues dans sa chambre; il a enfreint le couvre-feu; ses notes ont chuté; alors qu’il était un « enfant modèle », il se met dorénavant dans le pétrin à la maison, à l’école ou dans son milieu; ou encore, vous avez simplement remarqué qu’il est devenu discret et qu’il n’est plus l’enfant que vous connaissiez.

Écoutez

Une fois que vous avez présenté les faits tels que vous les connaissez, demandez à votre adolescent d’y réagir. Écoutez-le. Tentez de déterminer si vous êtes en mesure de l’aider à régler son problème ou s’il vous faut demander l’aide d’un professionnel.

Discutez

La prochaine étape consiste à discuter des renseignements que vous vous êtes échangés. Il s’agit probablement de l’étape la plus difficile, car votre adolescent et vous serez tentés de réagir avec colère. N’acceptez pas de piètres excuses. Votre approche doit demeurer constante et cohérente. Ne vous laissez pas persuader de « fermer les yeux » parce que c’est plus facile ainsi. Sachez que vous êtes en train de faire ce qu’il faut.

Établissez des règles

Expliquez clairement, avec fermeté et sincérité, que vous ne tolérerez pas de consommation de drogues ou d’alcool par votre adolescent, et établissez les conséquences en cas d’infraction. Il est difficile pour certains parents de devoir établir des règles claires. Dans leur cas, il peut être utile de démontrer de la sympathie envers l’adolescent en disant, par exemple : « Je sais que c’est dommage pour toi que j’aie à établir ces règles, mais si je n’avais pas ta sécurité à cœur, je ne serais pas un bon parent. »

Certains parents trouvent qu’il est difficile de se souvenir de montrer de l’affection lorsqu’ils établissent leurs règles. Il leur est suggéré de rappeler à leur adolescent d’un moment où le respect d’une règle l’a avantagé. Par exemple : « Te souviens-tu de la règle qui te demandait de faire tes devoirs avant toute autre activité? Cette règle a bien fonctionné, car tes résultats scolaires étaient excellents. »

Établissez des conséquences claires et nettes – et récompensez les bons comportements

Dites à votre adolescent que vous le tiendrez responsable de ses actes – et qu’il devra subir des conséquences comme une perte de certains privilèges ou un couvre-feu devancé s’il ne respecte pas les règles. Vous pouvez également lui offrir des mesures d’encouragement ou des récompenses. « Surprenez-le » en train de faire un bon coup.

Obstacles

Ne vous surprenez pas si votre adolescent quitte la pièce en colère. Prenez le temps nécessaire pour que tout le monde retrouve son sang-froid, puis réengagez la conversation. Votre adolescent pourrait tenter de détourner la conversation de différentes façons : « Pourquoi en fais-tu un drame? Tout le monde fait ça. »; « Ce n’est pas à moi, je le garde pour un de mes amis. »; « J’en ai seulement pris une fois. Je ne me tiens plus avec eux autres. » Peu importe ce qu’il dit, rappelez-lui calmement que rien ne justifie qu’il consomme des drogues ou de l’alcool.

Poursuivez la conversation

Choisissez un moment approprié pour poursuivre la conversation avec votre adolescent. Parler de drogues à vos enfants est un processus continu et non une situation exceptionnelle. Expliquez à votre adolescent que vous allez assurer un suivi auprès de lui. Cependant, si vous constatez que vous avez la même conversation à répétition et que votre message ne passe pas, pensez à demander l’aide d’un professionnel de la santé ou d’un conseiller.

Mettez-le à l’aise

Si votre adolescent est sur la défensive au cours de vos importantes conversations, c’est peut-être moins à cause de ce que vous dites qu’à cause des raisons qui, selon eux, vous poussent à le dire.

  • Exprimez vos intentions très clairement. « Je t’assure que je n’ai aucune intention de prendre des décisions à ta place ou de t’empêcher d’être heureux. Je veux te soutenir et t’empêcher de faire des choix qui, je crois, vont te causer du tort. »
  • Faites preuve de souplesse en ce qui a trait au moment de la conversation, mais assurez- vous qu’elle ait bel et bien lieu. Se sentir en maîtrise de la situation est important pour les adolescents. Les parents provoquent parfois des conflits inutiles en exigeant que les conversations se déroulent comme ils le veulent. Il est préférable d’engager la conversation avec votre adolescent au moment qui lui convient. Par exemple : « J’aimerais discuter ouvertement avec toi de tes inquiétudes et des miennes. Ton opinion m’intéresse, même si nous ne sommes pas d’accord. Est-ce un bon moment, ou devrions- nous remettre ça à plus tard? Quel moment te conviendrait? » Organiser votre conversation autour de l’emploi du temps de votre adolescent ne signifie pas que vous n’êtes plus le parent. S’il ne veut pas en parler immédiatement, montrez-lui votre respect en faisant preuve d’une souplesse raisonnable. Si votre adolescent ne veut tout simplement pas en parler, aidez-le à comprendre qu’il est nécessaire de parler. Par exemple : « Je comprends que tu ne veux pas en parler maintenant. Je comprends également que tu as l’intention de participer à une fête à laquelle, j’ai raison de le croire, de mauvaises influences pourraient se retrouver. Si nous ne pouvons en parler d’ici là, je devrai décider de ce que je ferai à propos de cette fête moi-même. Si nous en parlons avant, j’aurai la possibilité d’entendre ton point de vue. Qu’est-ce que tu préfères? »
  • Créez un précédent en le mettant à l’aise dans les situations qui ne sont pas problématiques. En lui démontrant votre respect, en le félicitant pour les signes positifs qu’il envoie, en le « surprenant » à faire de bons coups et en démontrant un intérêt envers ce qu’il fait, vous l’aidez à se sentir à l’aise avec vous lorsque les problèmes surviennent.

Entendez-vous sur certaines limites et respectez-les

Si vous discutez des règles entourant le couvre-feu, le choix d’amis et vos attentes quant aux déplacements de votre adolescent avant qu’il ne soit tenté de prendre de mauvaises décisions, il est beaucoup plus facile de les faire respecter. Lorsque votre adolescent franchit certaines limites, tenez-le toujours responsable de ses actes. Quoi qu’il arrive, les limites sont les limites.

Passez la conversation en revue

Votre objectif est d’en arriver à une conversation bilatérale, en tête-à-tête, qui permet à votre adolescent d’exprimer son désaccord avec votre position et de faire part de son point de vue. Après la conversation, demandez-vous qui a pris le plus souvent la parole. Si votre adolescent n’a pas occupé au moins 25 % de la conversation, soit vous n’avez pas posé assez de questions, soit vous n’avez pas mis votre adolescent suffisamment à l’aise pour qu’il s’investisse pleinement dans la conversation.

Pistes de discussion :

  • Nous sommes ici pour expliquer clairement que nous ne tolérerons pas que tu consommes des drogues ou de l’alcool.
  • Il y a des règles au sein de cette famille. Ces règles ne permettent pas la consommation de drogues ou d’alcool par les adolescents.
  • Même si tu as l’impression que tout le monde consomme des drogues et de l’alcool, sache que c’est illégal et que nous ne le permettons pas.
  • Tu peux risquer ta vie et celles des autres. Nous voulons qu’il ne t’arrive rien de grave. Je ne sais pas ce que je ferais si je te perdais.
  • Tu fais partie de cette famille. Tes frères et sœurs t’admirent et t’aiment. Que feraient-ils si tu n’étais plus là?
  • La consommation de drogues et d’alcool peut ruiner ton avenir et t’empêcher d’obtenir ton diplôme, de faire des études supérieures, d’obtenir un emploi et de conserver ton permis de conduire.
  • Nous sommes là pour te soutenir. Que puis-je faire pour t’aider à ne pas consommer?
  • Parfois, les enfants consomment des drogues et de l’alcool parce qu’ils ont d’autres problèmes : ils sont stressés ou malheureux, ou encore ils éprouvent des problèmes sociaux. Y avais-tu songé? Voudrais-tu nous parler de certains de tes problèmes?
  • Tes amis consomment-ils? Comment fais-tu face à cette situation? Est-il difficile pour toi de ne pas consommer dans ces circonstances?
  • Nous ne t’abandonnerons pas; nous t’aimons. Nous allons t’aider jusqu’à ce que tu arrêtes complètement de consommer. Si tu as besoin de consulter un professionnel, nous allons t’appuyer et t’aider à le faire.