Comment parler de drogues à vos enfants si vous en avez déjà consommé

Vous avez besoin de conseils pour savoir comment parler de drogues avec vos enfants alors que vous en avez déjà consommé?

Le fait d’en avoir consommé vous-même peut être un avantage. Voici quelques éléments auxquels vous pouvez réfléchir :

Nous voulons tous mettre nos enfants en garde contre les risques d’une consommation régulière de substances. Cependant, la raison la plus importante pour laquelle on a peur d’aborder la question, c’est la peur de se faire demander : « Maman, papa, toi… as-tu déjà consommé de la drogue quand tu étais jeune? »

Le but ce n’est pas de dire ce que vous avez fait ou ce que vous n’avez pas fait. Maintenant que cela a été dit, voyons comment vos expériences personnelles peuvent vous aider à diriger votre enfant vers la bonne voie.

Les expert ne s'entendent pas.  Pour chaque psychologue qui prône l’ouverture et l’honnêteté au sujet de votre passé, il y en a un qui vous met en garde. Le fait est qu’il ne faut pas en dire trop. D’abord, il faut penser à votre enfant. Certains jeunes ont besoin de franchise, alors que d’autres veulent seulement en parler. Faites preuve de jugement. Personne ne connaît mieux votre enfant que vous.

Quand mentir.  D’après nous? Jamais. Certains parents qui ont déjà consommé de la drogue choisissent de ne pas le révéler à leurs enfants, mais ils courent le risque de perdre leur crédibilité si la vérité voit le jour, disons, de la bouche d’un oncle un peu trop bavard lors d’une fête de famille. La plupart des experts recommandent l’honnêteté, ou bien de ne pas répondre du tout.

Toute la vérité? Essayez d’éviter de donner trop d’information à votre enfant. (Pas besoin de leur dire que vous avez fumé du cannabis 132 fois!) Ce n’est pas votre procès, c’est une conversation.

Dites ce que vous avez à dire. Comme pour toutes les autres conversations que vous aurez avec votre enfant, ce qui compte, c’est de faire valoir votre point de vue. Dans ce cas, il est crucial que vos jeunes comprennent les risques potentiels de consommer des drogues et de l’alcool alors qu’ils sont jeunes. Si vous préféreriez qu’ils n’expérimentent pas tant qu’ils ne sont pas plus vieux – dites-le. Les enfants ont besoin de bien comprendre les conséquences de la consommation de substances sur leur santé physique et mentale afin de pouvoir faire des choix judicieux et sains. (« Les drogues sont dangereuses, sont imprévisibles, elles te distraient… »). Et oui, c’est correct de donner de nombreuses raisons.

Qu'avez-vous appris?  Toute votre vie, vous avez eu conscience de l’existence des drogues. Que ce soit aux nouvelles ou dans votre entourage, vous avez été témoin de trop de cas où l’usage problématique de drogues et d’alcool a eu des répercussions négatives sur la vie de jeunes gens. Vos expériences liées aux drogues, elles ne font que partie d’un ensemble encore plus grand. C’est l’occasion de partager ce que vous avez appris.

Prenez conscience de votre propre consommation de substances actuelle. Consommez-vous pour vous aider à faire face aux défis de votre vie? Les jeunes copient souvent leur comportement sur celui de leurs parents. Peuvent-ils y décoder un message soit que prendre un verre de vin ou consommer du cannabis est la façon que vous avez d’affronter le stress ou l’anxiété que vous vivez? Ayez avec vos jeunes une discussion franche sur l’importance de trouver des manières plus saines de faire face à la réalité.

Vous pourriez l'exprimer comme ceci. « J’ai essayé de consommer des drogues, parce que mes amis en avaient essayé aussi et je pensais que je devais en prendre pour me sentir accepté. Ça m’a pris du temps pour comprendre que ce n’est jamais une bonne raison pour faire quoi que ce soit. Et toi, as-tu déjà ressenti de la pression dans ce genre-là? »

 Ou bien comme cela; « Tout le monde fait des erreurs, moi y compris. J’ai essayé des drogues et ça m’a fait faire des choses pas trop intelligentes. Quand j’y repense, je ne vois rien de bon là-dedans. Je t’aime beaucoup, et je n’ai pas envie de te voir faire les mêmes erreurs que moi. »

Ou encore; «Comment j’ai vécu mon expérience avec les drogues ne veut pas nécessairement dire que ce sera pareil pour toi. Chaque personne vit différemment la consommation de substances et c’est pour cela que je voulais t’en parler. Par chance, ça n’a pas gâché ma vie mais j’ai vu des gens pour qui ça été le cas. Je serais dévasté si cela t’arrivait

Ou même; «J’ai remarqué que j’ai consommé plus d’alcool ou de cannabis durant cette pandémie, je pense que je suis trop anxieux et stressé. Que dirais-tu si on faisait une petite session de remue-méninges pour trouver ensemble des façons plus saines de vivre cela et qu’on essaie cela ensemble

Ne faites pas que parler - écoutez activement.  Vous pouvez anticiper que la première réaction de votre enfant, lorsque vous aborderez le sujet, ne sera pas si facile. Alors faites tout ce que vous pouvez pour en faire un dialogue. Demandez-lui ce qu’il en pense. Demandez-lui si c’est un sujet dont il parle avec ses amis. Demandez-lui ce qu’il pense des vedettes qui consomment de la drogue. Posez des questions. Et écoutez ses réponses.

Gardez votre calme. Quoi qu’il arrive, ne montez pas le ton. Si vous perdez votre sang-froid, ressaisissez-vous. C’est normal d’admettre que ces conversations ne sont pas faciles pour vous non plus. Si cela tourne mal, proposez de remettre la discussion à plus tard. (« Je ne voulais pas te surprendre ou te faire sentir bizarre. On en reparlera dans un jour ou deux. »)

Oui, c’est difficile de savoir comment aborder le sujet des drogues avec vos enfants. Vous ne voulez pas qu’ils pensent que votre histoire est le chemin à suivre, ou qu’ils l’utilisent contre vous. Mais vous pouvez utiliser votre propre expérience comme un outil d’apprentissage. Même si cela vous rend nerveux, ne repoussez pas la conversation.

Ceci n’a rien à voir avec votre passé. C’est le futur de votre enfant dont il est question.

Bonne chance!