Dialogues suggérés

Soyez prêts à parler

Voici quelques suggestions de conversations que vous pouvez répéter avant d’engager une véritable conversation.

Tu as un problème et j’ai besoin de t’en parler…

Parent : Je t’aime et je suis inquiet.

Adolescent : Hein?

P : C’est difficile pour moi d’engager cette conversation. Je n’ai jamais cru que j’aurais besoin de le faire, et j’ai l’impression que je vais te vexer.

A : Fais-le-pas, d’abord.

P : Crois-moi, j’aimerais mieux ça! Mais je suis vraiment inquiet de ta consommation de drogues et d’alcool.

A : Quoi?

P : Je suis assez certain (ou vraiment certain) que tu fumes du pot (ou que tu consommes une autre drogue ou que tu bois). Sois honnête avec moi : qu’est-ce qui se passe?

A : Rien.

P : Voilà qui rend ma tâche plus difficile. J’espérais qu’on pourrait se parler ouvertement, mais je vais devoir « faire mon parent ».

A : Pourquoi? T’as pas besoin si tu veux pas. Moi, en tout cas, j’ai pas le goût.

P : Il faut que je le fasse : c’est à moi de m’assurer de ta sécurité, et ta consommation de drogues te met en danger.

A : Pourquoi?

P : Tu pourrais te retrouver dans des situations dangereuses comme la conduite automobile, tu pourrais avoir des problèmes de consommation toute ta vie… et c’est illégal.

A : Et puis?

P : Tu te souviens peut-être qu’il existe une politique qui interdit la consommation de drogues et d’alcool chez les mineurs de cette famille.

A : (Silence.)

P : Tu as enfreint la politique; tu dois en subir les conséquences.

A : Lesquelles?

P : Nous allons restreindre tes sorties jusqu’à ce qu’on soit certains que tu ne consommes plus.

A : C’est tellement niaiseux. Vous avez pas le droit.

P : Oui, nous avons le droit, et c’est ce que nous allons faire. Notre responsabilité, c’est de faire en sorte que tu sois en santé, et tu ne peux être à ton mieux si tu consommes des drogues ou de l’alcool, alors on va t’aider à t’en éloigner jusqu’à ce qu’on soit certains que tu aies repris la maîtrise de la situation.

Veux-tu me dire ce qui se passe?

Voici quelques suggestions de réponses si votre adolescent vous dit :
« Dégage. Pourquoi tu me tombes toujours dessus? »
« Laisse-moi tranquille. Je te hais. »
« Tout le monde fume/boit… Pourquoi t’en fais un drame? »

Parent : J’ai l’impression qu’il se passe quelque chose d’assez grave dans ta vie. Peux-tu me dire ce qui t’arrive?

Adolescent : Je sais pas.

P : Ce n’est pas ton genre, ça. Avec ce qui s’est passé ces dernières semaines/ces derniers mois, je sais que quelque chose a changé. Peux-tu m’en dire plus?

A : Non.

P : Tellement de choses ont changé… As-tu l’impression d’avoir changé?

A : Ouais.

P : J’ai peur des changements que j’observe. Pourquoi penses-tu qu’ils se produisent?

(Si, à ce moment, l’adolescent admet être effrayé – ou s’il dit qu’il est simplement un peu inquiet –, c’est une grande victoire! La prochaine étape peut être 1) de conclure un pacte avec votre adolescent de façon à ce qu’il respecte les règles et que vous l’aidiez en faisant respecter les règles et subir les conséquences avec vigilance ou 2) de prévoir une rencontre de traitement ou de consultation de façon à ce qu’on vous aide à faire face à vos inquiétudes.)

A : J’ai pas peur. C’est nul, avoir peur.

P : J’imagine que je vais devoir m’inquiéter pour nous deux alors. Sais-tu que je t’aime?

A : Je m’en fous.

P : Une partie de mes inquiétudes repose sur le fait que je suis responsable de toi, une autre partie sur mon instinct qui m’ordonne de te protéger et une autre sur ma très, très grande affection pour toi.

A : Et après?

P : Ça signifie que c’est très important pour moi d’établir des règles et d’arranger la situation de façon à ce que ta protection soit assurée. Mais j’ai l’impression que je vais avoir besoin d’aide pour le faire, parce que ça n’a pas si bien fonctionné jusqu’ici. Je te suggère qu’on se rende à un centre de traitement, où on aide les familles aux prises avec ce genre de problèmes.

A : J’ai pas de problème.

P : Eh bien, notre famille a un problème avec toi. Et tu as un problème quand il s’agit de respecter nos règles.

A : Peut-être que je devrais quitter la famille, d’abord.

P : Pas question! Nous t’aimons et nous avons besoin de toi… tout ce qu’on veut, c’est que tout le monde soit en santé.

A : (Quitte la pièce en trombe.)

P : (Sur un ton bienveillant.) Je vais t’informer de la date de notre première rencontre.

 

Dans chacun de ces exemples, l’adolescent est vexé. À titre de parent, vous vous sentirez probablement provoqué par la réaction de votre enfant.

IL EST TRÈS IMPORTANT que le parent que vous êtes ne se laisse PAS gagner par ce sentiment et ne se sente pas vexé.

IL EST TRÈS IMPORTANT que vous demeuriez calme et concentré sur votre tâche. Pour ne pas vous sentir vexé, vous pouvez notamment prendre une grande respiration et tenter de relaxer. Vous pouvez aussi faire comme s’ils étaient encore des bébés : vous tolérez leurs pleurs et vous gardez votre sang froid. Faites le nécessaire pour demeurer calme.

Que faire si votre adolescent vous dit : « Dégage. Pourquoi tu me tombes toujours dessus? »

« Wow, tu as raison. On ne devrait pas être en train de se chicaner. Je veux m’en prendre à ta consommation de drogues/d’alcool, pas à toi personnellement. Laisse-moi recommencer et établir de nouvelles bases. »

« C’est difficile, être parent! Tu me fais carrément peur, et j’ai l’impression de devoir te mettre à l’épreuve. J’aimerais pouvoir régler ce problème ensemble; serais-tu prêt à collaborer avec moi? »

« J’ai l’impression que ta consommation de drogues/d’alcool est si dangereuse qu’il faut que je te tombe assez fort dessus. Je vais cesser lorsque je vais constater que tu reprends la maîtrise de la situation. Est-ce qu’on pourrait décider ensemble des signes que tu pourrais montrer pour indiquer que tu maîtrises ce problème grave? »

Que faire si votre adolescent vous dit : « Laisse-moi tranquille. Je te hais. »

« Tu sembles vraiment fâché contre moi. Mais je ne peux pas t’abandonner, quitte à te mettre en colère. Crois-moi, ça me fait mal de voir que tu me hais. Mais j’ai la responsabilité de te garder en sécurité. »

« Lorsque tout ça sera terminé, je suis certain que tu m’aimeras de nouveau. Mais même si tu ne m’aimes plus jamais, je ne me pardonnerais jamais de t’abandonner à ce moment-ci. Pour vaincre un problème de drogues ou d’alcool, il faut avoir recours à toutes les ressources possibles. Je suis là pour t’aider. »

Que faire si votre adolescent vous dit : « Tout le monde fume/boit… Pourquoi t’en fais un drame? »

« Tout d’abord, ce n’est pas vrai que tout le monde fume/boit. Et honnêtement, même si tout le monde fumait/buvait, je ne voudrais pas que tu fasses comme eux. Veux-tu que je t’explique pourquoi? »

  1. C’est illégal, et les conséquences juridiques sont plutôt sévères.
  2. C’est dangereux, et il peut y avoir des conséquences physiques comme se retrouver dans des situations sexuelles dangereuses, monter dans un véhicule en état d’ébriété, tomber, se blesser ou blesser quelqu’un d’autre, se heurter à des limites physiques en raison d’une gueule de bois ou d’un état de confusion ou nuire au développement normal de son cerveau.
  3. C’est dangereux, et il peut y avoir des conséquences psychologiques : si tu consommes de l’alcool ou des drogues pour éviter l’anxiété ou la dépression, tu camoufles ton problème, mais tu ne le règles pas. Tu perds assurément de vue tes objectifs à long terme, tu perds le fil de tes priorités et tu perturbes les substances chimiques de ton cerveau en raison des propriétés de la drogue. Les effets de la consommation d’alcool sur ces substances chimiques sont similaires à ceux des dépresseurs. Et les gens qui consomment agissent de façon stupide.
  4. Des membres de la famille/des amis du secondaire qui ont ruiné leur vie et perdu tout ce qui leur importait : leur famille, leur conjoint, leurs enfants, leur travail, leur estime de soi, pour ne nommer que ça, en raison de leur consommation de substances illicites. Ton problème n’est peut-être pas aussi grave que le leur, mais on ne peut pas savoir s’il le deviendra ou non, et il est bien plus facile de le régler tout de suite.
  5. La vie est bien meilleure quand on n’est pas confus. Elle est beaucoup plus intéressante et dynamique sans alcool ni drogues. Je veux que tu puisses vivre cette expérience.