Cannabis

Il n’existe pas de raison précise pour laquelle les adolescents consomment du cannabis.

Apprenez en plus au sujet du cannabis et découvrez les effets que l’usage précoce de produits du cannabis peut provoquer dans la vie de jeunes gens.

Le cannabis et les jeunes

Le taux de consommation de cannabis est plus de deux fois plus élevé chez les jeunes et jeunes adultes que chez les adultes.1

  • Les jeunes canadiens continuent de représenter le plus haut taux de consommateurs de cannabis au travers le monde. En 2018, l’Organisation mondiale de la santé comparait le taux de consommateurs à vie de cannabis parmi les jeunes de 15 ans de 40 pays et les jeunes Canadiens se classent en troisième position avec un taux de 23% chez les gars et 21% pour les filles. 2
  • En Ontario, on estime qu’un étudiant sur 5 du secondaire (1 à 5) a consommé du cannabis en 2019.3
  • La consommation de cannabis par les élèves au-travers le Canada a augmenté – passant de 16,7% des élèves en 2016-2017 à 18,1% en 2018-2019. 4
  • Il est estimé que 1 adolescent sur 6 qui consomme du cannabis développera un problème de dépendance au cannabis au cours de sa vie. 5
  • Le cannabis est la substance pour laquelle il y a eu le plus d’hospitalisations reliées à des substances en 2017-2018. 6

Qu’est-ce qui peut motiver un jeune à consommer du cannabis?

Ils essaient parfois le cannabis pour des raisons sociales, comme un moyen de s’intégrer ou de socialiser avec leurs pairs, ou parce qu’ils pensent que « tout le monde le fait ». Ils peuvent également consommer du cannabis comme un mécanisme d’adaptation aux stress causés par la vie. 7   Un adolescent peut aussi se servir du cannabis pour s’auto-medicamenter afin de l’aider à dormir, stimuler son appetit, ou réduire ses inquietudes et son stress. 8

Si un adolescent s’auto-médicamente avec du cannabis comme mécanisme d’adaptation et que ça fonctionne, il est plus susceptible de continuer de consommer.  « Il se dit quand je suis stressé, je fume du pot et ça me détend » Il est fort probable qu’il continuera de consommer du cannabis au lieu de trouver d’autres pistes de solution et d’adopter des comportements plus sains comme faire du sport, fréquenter un ami, jouer de la musique, parler à quelqu’un de ses sentiments ou lire un livre, pour l’aider à composer avec la pression et le stress qu’il ressent.

Le cannabis, tout comme toutes les autres drogues, peut entrainer une dépendance.  Il affecte le système de récompense du cerveau comme c’est le cas pour toutes les autres drogues créant une dépendance – et la probabilité de développer un problème de consommation ou de dépendance augmente considérablement chez les personnes qui commencent à consommer dès un jeune âge.9

Il est fort probable que vous ayez entendu parlé du cannabis dans les termes suivant : Marijuana, herbe, mariejeanne, mj, hasch, kif, chanvre (et, en anglais, bud, blunt, dab, dope, ganja, green, hash, joint, loud, pot, reefer, shatter, skunk, smoke, trees, wax). Peu importe le nom qu’on donne au cannabis, c’est un produit de la plante Cannabis sativa.

Après l’alcool, le cannabis est la substance psychoactive (drogue qui affecte le cerveau) la plus consommée au Canada. Le principal ingrédient chimique actif du cannabis, est le THC (delta -9- tétrahydrocannabinol). Parmi les quelques 400 ingrédients chimiques retrouvés dans la plante de cannabis, le THC est celui qui affecte le plus le cerveau. Il s’agit d’un produit chimique psychotrope qui apporte une sensation d’euphorie (high) aux personnes qui consomment du cannabis. Un autre ingrédient chimique actif du cannabis est le CBD (cannabidiol) qui est sous étude en ce qui a trait à ses usages à des fins médicales et sa capacité de modérer les effets du THC.

Pour en apprendre plus sur le cannabis à des fins médicales, vous pouvez consulter «Dissiper la fumée entourant le cannabis : usage de cannabis et de cannabinoïdes à des fins médicales du CCDUS.

Comprendre les produits du cannabis

Le cannabis peut être consommé de diverses manières soit, par inhalation, ingestion ou par application sous forme topique et les effets produits varient grandement.

Le cannabis est généralement roulé en une cigarette (appelée « joint ») ou un cigare (appelé « blunt »), ou il est fumé dans une pipe ou dans une pipe à eau (appelé « bong » ou vapoté avec une cigarette électronique ou autre mécanisme de vapotage.

Le cannabis peut également être infusé comme un thé ou mélangé à de la nourriture et consommé comme bonbons, biscuits et carrés au chocolat.

Manger des produits comestibles contenant des extraits de cannabis comme des brownies ou des biscuits peut sembler par certains jeunes comme une façon moins risquée de consommer plutôt que de fumer.

Lorsqu’on ingère des produits du cannabis, il peut se produire une à deux heures avant que les effets se fassent ressentir et ils peuvent durer entre huit à douze heures.

Il est fortement recommandé d’attendre une longue période avant de consommer à nouveau des produits de cannabis afin d’éviter la multiplication d’effets.

Les extraits de cannabis, qui comprennent les huiles et les teintures, peuvent également être ingérés ou inhalés dans une pipe ou un bong et / ou vaporisés avec une cigarette électronique ou un autre appareil de vapotage. Les extraits de cannabis ont tendance à avoir des niveaux plus concentrés de THC.

Seuls des producteurs autorisés sous licence cultivent des produits de cannabis qui peuvent être achetés légalement au Canada.  Des données probantes disponibles laissent entendre que le cannabis illégal peut être contaminé par des pesticides et des produits chimiques nocifs.10

Les cannabinoïdes synthétiques comme K2 ou Spice devraient être évités à tout prix.

L’inhalation vs. l’ingestion – les effets produits sur le corps

Inhalation – en fumant ou en vapotant

Quand le cannabis séché ou les extraits du cannabis sont inhalés ou vapotés, le THC se rend directement aux poumons et se retrouve dans le sang avant d’atteindre le cerveau et de produire une certaine forme d’intoxication ou d’euphorie (le « high ») qui se fait sentir dans les minutes qui suivent.

Cela prend :

  • quelques secondes ou minutes pour commencer à sentir certains des effets;
  • 30 minutes pour ressentir tous les effets;
  • 6 heures pour que certains effets aigus ou immédiats s’estompent;
  • et certains effets résiduels peuvent durer jusqu’à 24 heures.

Un fait à savoir: le nombre d’étudiants au secondaire (secondaire 1 à 5) qui vapotent du cannabis a augmenté de façon significative entre 2015 (5%) et 2019 (10%).  11

Même si  le vapotage est considéré comme un outil pour aider les adultes à arrêter de fumer – son usage n’est pas considéré comme sécuritaire pour les adolescents, les jeunes, les jeunes adultes, les femmes enceintes ou tout adulte qui n’est pas déjà un usager du tabac.

Ingestion – soit en mangeant ou en buvant

Quand le cannabis est ingéré, les effets complets ressentis sont retardés. Le THC passe par l’estomac et le foie avant de se retrouver dans le sang et d’atteindre le cerveau. Le foie métabolise une partie du THC qui devient le 11-hydroxy-THC, un produit chimique plus puissant. Combiné au THC contenu dans les produits comestibles, le « high » ressenti peut s’avérer plus intense.

Cela prend :

  • 30 minutes à 2 heures pour commencer à ressentir certains des effets;
  • 4 heures pour ressentir tous les effets;
  • jusqu’à 12 heures pour que les effets aigus s’estompent;
  • certains effets résiduels peuvent durer jusqu’à 24 heures

Un fait à savoir :  La consommation des produits du cannabis par les étudiants du secondaire (1 à 5) a augmenté entre 2017 et 2019 – soit de 11% à 14% 12

Les effets du cannabis varient d’une personne à l’autre.

Les effets à court terme

Les effets à court terme de la consommation de cannabis sont : le sentiment de bonheur, la détente, la sociabilité accrue et des sensations accrues, des problèmes de mémoire et d’apprentissage, des perceptions déformées (la vue, l’ouïe, le temps, le toucher), de la difficulté à réfléchir et à résoudre des problèmes, des tremblements, une perte de coordination motrice, une élévation de la fréquence cardiaque et de l’anxiété. Ces effets peuvent devenir encore plus marqués quand d’autres drogues sont mélangées avec le cannabis. 13

Les effets potentiels à long terme

Le cannabis est une substance addictive. Le risque de développer une dépendance est de une sur six personnes qui commencent à consommer régulièrement du cannabis à l’adolescence.14

Une consommation régulière de cannabis chez les adolescents présente un risque accru d’éprouver des symptômes psychotiques (des modifications des pensées, des sentiments et des comportements), en particulier lorsqu’il y a des antécédents familiaux ou personnels de troubles psychotiques. Certaines études ont avancé que le cannabis peut également augmenter le risque d’anxiété et de dépression avec le temps.15

Qu’est-ce qu’une consommation régulière? Une consommation régulière de cannabis signifie que la consom­mation de cannabis se poursuit d’une façon régulière au fil du temps. Elle peut avoir lieu tous les jours, presque tous les jours, ou chaque fin de semaine pendant plu­sieurs mois ou un certain nombre d’années.

La consommation précoce et fréquente de cannabis est liée à un mauvais rendement à l’école, à de moins bonnes notes et à un risque accru de décrochage. Les faits actuels n’indiquent pas encore clairement si une consommation régulière affecte le QI d’un adolescent 16 ; toutefois, des recherches indiquent qu’une consommation précoce, régulière, importante et à long terme de cannabis par les adolescents pourrait nuire à leurs capacités cognitives, et que les effets pourraient être irréversibles.17

Les jeunes peuvent être particulièrement vulnérables à ces résultats négatifs en raison des changements importants qui se produisent dans le cerveau pendant l’adolescence, particulièrement en ce qui concerne le développement et la maturation continus du cortex préfrontal, qui est essentiel aux processus cognitifs d’ordre supérieur, tels que le contrôle des impulsions, la mémoire vive, la planification, la résolution de problèmes et la gestion des émotions.18

Le cannabis, tout comme toutes les autres drogues, peut entraîner une dépendance. Il affecte le système de récompense du cerveau comme c’est la cas pour toutes les autres drogues créant une dépendance – et la probabilité de développer un problème de consommation ou de dépendance augmente considérablement chez les personnes qui commencent à consommer dès un jeune âge.19

Apprenez à connaître les Recommandations canadiennes pour l’usage du cannabis à moindre risque (RUCMR) et discutez-en avec vos jeunes.  Ces recommandations peuvent grandement aider à réduire les méfaits potentiels de la consommation de cannabis pour la santé des jeunes et des jeunes adultes.

À l’exception notable de la conduite avec facultés affaiblies à cause de la drogue, il est peu probable que la consommation de cannabis provoque un handicap permanent ou un décès, mais une trop grande quantité de drogue dans l’organisme d’une personne peut avoir des effets néfastes et ce n’est pas aussi bénin, que certains adolescents peuvent le croire.

Le cannabis au volant

La conduite d’un véhicule motorisé sous l’influence du cannabis est illégale. 

La conduite avec facultés affaiblies par la drogue entraîne les mêmes sanctions que la conduite avec facultés affaiblies par l’alcool. Conduire après avoir consommé du cannabis augmente les risques d’accident.

En 2017, les jeunes ayant participé à une étude qualitative d’une enquête menée par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances ont avoué croire que la conduite sous l’influence de cannabis était plus sécure ou moins à risque que la conduite sous l’influence de l’alcool. Cette croyance vient en partie du fait que les jeunes n’associent pas les sensations d’être «gelés» (calmes, joyeux et relaxes) aux comportements à risque reliés à la conduite sous l’influence de l’alcool.20

Parmi les jeunes qui ont consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois, 27,8% de ceux âgés entre 16 et 19 ans et 43,1% de ceux entre 20 et 24 ans ont avoué avoir conduit en-dedans de 2 heures suivant leur consommation.21

Et que dire de la sécurité des passagers; on doit y penser. Plusieurs jeunes vont être passagers d’un véhicule dont le conducteur a consommé du cannabis. 40,9% des jeunes entre 16 et 19 ans et 55,6% de ceux entre 20 et 24 avouent avoir été passagers d’un véhicule dont le conducteur avait consommé du cannabis en-dedans des 2 heures précédentes.22

Quand vous parlez avec votre adolescent de la conduite avec facultés affaiblies, n’oubliez pas que leur sécurité vous tient à cœur – qu’ils devraient vous appeler pour que vous les rameniez à la maison si jamais il consomme de l’alcool ou de cannabis et ce, sans poser de question.

Notre page La drogue au volant contient de nombreuses informations sur la conduite en état d’ébriété, sous l’influence du cannabis et d’autres drogues.

Le cannabis et l’alcool

Tandis que certains adolescents prétendent que le cannabis est plus sécuritaire que l’alcool, les résultats d’un sondage démontrent que, habituellement, les adolescents ne consomment pas que de l’alcool ou que du cannabis; ils consomment les deux, souvent en même temps 23 – c’est un dangereux mélange principalement lorsqu’ils prennent le volant.

La consommation du cannabis à lui seul suffit à altérer le jugement. La plus grande incidence du mélange de cannabis et de l’alcool est l’augmentation importante de l’altération du jugement. Le niveau d’intoxication et d’effets secondaires ressentis peut être imprévisible. Lorsque l’on consomme du cannabis et de l’alcool en même temps, il y a une plus grande probabilité que des effets secondaires négatifs surviennent sur les plans physique ou psychologique (panique, anxiété et paranoïa).24

La consommation d’alcool et de cannabis avant de prendre le volant peut considérablement accroître le risque d’accident de voiture. Ce qui est également le cas si l’on associe la consommation du cannabis à d’autres drogues.25

Parlez du cannabis avec vos enfants

Comme vous le feriez avec d’autres substances dont l’usage est plus connu comme l’alcool et la nicotine, il est important d’avoir des conversations sincères et informées sur la consommation du cannabis avec vos jeunes et ce, même si vous-mêmes vous en consommez.

Les parents sont les personnes qui ont  le plus d’influence dans la vie de leurs enfantset ils peuvent jouer un rôle important pour les aider  à comprendre les effets et l’impact qu’auront les substances sur leur santé physique et mentale et ce, afin qu’ils puissent prendre des décisions informées au sujet de la consommation de substances au fur et à mesure qu’ils vieillissent.

Téléchargez la brochure «Parler cannabis» pour amorcer des discussions informées, sensées et franches entre vous et votre pré-ado ou ado.

Vous cherchez des façons de soutenir votre famille et le bien-être mental de chacun de ses membres durant la pandémie? Rassurez-vous, nous sommes là pour vous aider!

Bibliographie :
1 – Sommaire canadien sur la drogue CCDUS mai 2020
2 – Comportements sanitaires chez les enfants en âge scolaire 2018, Organisation mondiale de la santé
3 – OSDUHS 2019
4 – Résumé des résultats de l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves 2018-2019 (ECTAD)
5 – Gouvernement du Canada (2019). Dépendance au cannabis – Santé Canada
6 – Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) 2019. Hospitalisations chez les jeunes âgés en 10 et 24 ans en raison de la consommation de substances
7 ,8 – McKiernan et Fleming, Les perceptions des jeunes Canadiens sur le cannabis, CCDUS, 2017
9 – Drug Alcohol Depend, Winters & Lee 2008
10 – CCDUS 2015: Beirness et Porath 2017
11 – Journal of Toxicology, 2013 Nicholas Sullivan et al.
11, 12 – CCDUS 2019
13 – CCSA, 2015; Beirness and Porath-Waller, 2017
14-15-16-19 – George & Vaccarino, 2015
17 Meier et al, (2012)
19 – Drug Alcohol Depend, Winters & Lee, 2008
20- McKiernan, A., & Fleming K. (2017) : Perceptions des jeunes canadiens sur le Cannabis. Ottawa : Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances
21, 22 –  Enquête canadienne sur le cannabis, (ECC) 2017
23 – Partnership Attitude Tracking Study 2013
24 – National Cannabis information and support Australia 2016
25 – CCDUS 2016