Parlez du fentanyl avec vos enfants

Parlez du fentanyl avec vos enfants

Parler avec vos jeunes des risques et méfaits du fentanyl est très important.

Quiconque consomme de la drogue peut être victime d’une surdose accidentelle, y compris ceux qui:

  • sont déjà aux prises avec un problème de consommation;
  • prennent de la drogue à l’occasion dans un contexte récréatif;
  • consomment une drogue illégale pour la première fois;
  • ne suivent pas rigoureusement les consignes des professionnels de la santé qui les concernent.

Amorcez tôt vos conversations au sujet des mesures de sécurité à respecter lors de la prise de médicaments et adaptez-les en fonction de l’âge de votre enfant.

Aidez vos jeunes enfants à comprendre que les médicaments peuvent être nocifs et devraient être pris seulement par la personne à qui ils ont été prescrits.  Gardez tous vos médicaments d’ordonnance et en vente libre hors de portée des enfants.

Quand vous parlez avec vos adolescents à propos des opioïdes et du fentanyl, expliquez-leur les différences entre le fentanyl de qualité pharmaceutique et le fentanyl illégal. 

Compte tenu des risques de surdose et des troubles liés à la consommation que peut provoquer la prise d’opioïdes prescrits par ordonnance, ils  sont rarement prescrits aux adolescents. Toutefois, il se peut qu’ils le  soient sur une courte période pour soigner des douleurs chroniques découlant d’un cancer, d’une intervention chirurgicale ou d’une blessure sportive grave;  dans un cas semblable, assurez-vous que votre adolescent suive les indications du médecin.

Si un membre de votre famille doit prendre du fentanyl pharmaceutique (ou tout autre opioïdes d’ordonnance) pour atténuer des douleurs, assurez-vous de garder en lieu sûr et sous clé ces médicaments et, par la suite, rapportez les médicaments inutilisés en pharmacie pour en disposer de façon sécuritaire.

Expliquez à vos ados que le fentanyl et ses analogues se retrouvent mélangés à des drogues de rue telles que l’oxy, la cocaïne, l’ecstasy (MDMA), l’héroïne et les méthamphétamines.  Étant inodore, incolore et sans goût, la drogue ne peut pas être détectée et peut s’avérer extrêmement dangereuse.

Si votre ado ou votre jeune adulte est aux prises avec une consommation problématique d’opioïdes ou un trouble lié à l’usage d’opioïdes,  vous devez principalement chercher à en réduire les effets et conséquences néfastes.

La sécurité d’abord. Mettez votre enfant en garde contre la combinaison d’opioïdes et d’autres substances et élaborez un plan de sécurité. Par exemple, vous pouvez lui dire de consommer des drogues uniquement dans des centres de consommation supervisée et de prévention des surdoses. Veillez à ce que votre enfant comprenne que la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose protège quiconque demande de l’aide pour secourir une personne en situation de surdose. La Loi protège la personne qui réclame une aide d’urgence ainsi que la victime de surdose.

Assurez-vous d’avoir accès à la naloxone par mesure de précaution supplémentaire. La naloxone est un antagoniste des opioïdes qui inverse les effets d’une surdose. Vous devez connaître les signes d’une surdose et la manière d’administrer la naloxone en cas d’urgence.

La brochure  intitulée Parlons opioïdes et fentanyl de JSD peut vous aider à mieux connaître les opioïdes y compris le fentanyl et les risques inhérents à leur usage à des fins non médicales; vous y trouverez des suggestions pour éviter leur consommation  par vos jeunes à des fins autres que médicales.

Arrêtons la stigmatisation

Surveillez votre ton de voix lorsque vous abordez la question de la consommation – donnez-vous l’impression de « juger »?

Un ton ou des propos condescendants peuvent être contre-productifs, en plus d’avoir des effets très négatifs sur les gens qui consomment du fentanyl, des opioïdes ou d’autres substances, de même que ceux qui ont des problèmes de consommation ou qui sont en rétablissement ainsi que leurs familles. La stigmatisation crée un profond sentiment de honte chez les individus et les incite à s’isoler pour consommer, les rendant susceptibles de faire une surdose accidentelle et de connaître une mort affreuse dans la solitude.

Amorcer une conversation sur la stigmatisation peut amener tout le monde à s’interroger sur la façon dont nous traitons ceux qui sont aux prises avec un problème de consommation, peu importe la substance et comment nous pouvons les inciter à demander de l’aide.

Prêts à amorcer la conversation? Voici quelques trucs utiles:

Utilisez des questions ouvertes – Elles peuvent vous aider à amorcer le dialogue et à vous éviter de sermonner vos enfants. Exemple : «Qu’est-ce qui peut amener des ados à consommer des médicaments d’ordonnance «pour le fun»?

Écoute active – Sollicitez l’opinion de votre ado ou jeune adulte à propos de la consommation. «Qu’est-ce qui se dit du fait que certains prennent le sirop pour la toux pour se geler»?

Confirmez que vous êtes à l’écoute – Laissez vos enfants savoir que vous avez entendu ce qui a été dit. Par exemple : « Tu sembles inquiet à l’effet que des ados que tu connais consomment des comprimés pour la douleur. » La validation ou l’effet miroir ne signifie pas que vous êtes nécessairement d’accord, mais que vous saisissez ce que votre enfant essaie de vous communiquer.

Choisissez le moment et l’endroit – Recherchez des occasions propices au dialogue où vous serez réceptifs les uns envers les autres comme une randonnée en vélo, une balade en auto ou une activité de plein air.

Donnez-leur de l’information – Expliquez à votre jeune que consommer les médicaments d’une autre personne peut être dangereux. Demandez-lui aussi s’il est conscient des risques qu’implique l’expérimentation d’opioïdes et discutez ensemble des effets que la consommation peut avoir sur la santé physique et mentale.

Parlez d’avenir – Encouragez votre jeune à réfléchir à ses projets d’avenir et ainsi entrevoir les répercussions positives de faire des choix éclairés et sains.

Empathie et soutien – Faites-leur voir que vous comprenez que l’adolescence peut être difficile. Dites-leur que vous êtes conscient que tout le monde peut connaître des moments difficiles, comme c’est le cas actuellement, et qu’il peut être tentant de consommer pour faire face aux problèmes.  Parlez leur de l’importance de trouver des mécanismes d’adaptation sains et offrez-leur de chercher des solutions ensemble.

Par-dessus tout, montrez-leur toujours que vous les aimez – Rappelez-leur que vous serez toujours là pour les soutenir et les guider et que, pour vous, il est important qu’ils soient en santé, heureux et qu’ils fassent des choix intelligents et sécuritaires.