Des conversations adaptées à l’âge

Vous vous préparez à parler de consommation avec vos enfants?  Assurez-vous d’adapter vos conversations en fonction de leur âge.

À titre de parents, nous faisons tout ce que nous pouvons pour protéger nos enfants.

Nous connaissons les dommages que peut causer la consommation de substances à de  jeunes cerveaux et à de jeunes corps. Or, nous voulons protéger nos plus petits et les  aider,  en grandissant, à bien comprendre et à mesurer les conséquences potentielles  de la consommation de substances. Ils seront ainsi mieux outillés pour faire, en temps opportun, des choix plus judicieux pour leur santé et leur avenir.

De la même façon que vous parleriez avec vos plus jeunes enfants des mesures de sécurité de base qu’ils doivent connaître, commencez les discussions sur les substances assez tôt et ciblez l’information que vous leur donnez en tenant compte de leur âge et de leur stade de développement.

Commencer tôt à parler avec votre jeune et garder le dialogue ouvert à mesure qu’il grandit peut faire une énorme différence dans la prévention de consommation de substances.

Commencer tôt à parler avec votre jeune et garder le dialogue ouvert à mesure qu’il grandit peut faire une énorme différence dans la prévention de consommation de substances.

De la même façon que vous parleriez avec vos plus jeunes enfants des mesures de sécurité de base qu’ils doivent connaître, commencez les discussions sur les substances assez tôt et ciblez l’information que vous leur donnez en tenant compte de leur âge et de leur stade de développement.

Les touts-petits

Déterminés, énergétiques, parfois exigeants, ils ont besoin de beaucoup d’attention

À cet âge là, les enfants découvrent le monde qui les entoure.  Ils sont en mode exploration et, dès leurs premiers balbutiements, apprennent à communiquer.  

Or, c’est bien connu, un des premiers mots qu’ils apprendront est  «non» et ils s’en serviront.

Le moment est propice pour établir les bases de certaines habitudes saines qui perdureront au cours de leur vie.

  • Si un médicament a été prescrit à votre tout petit  pour quelconque raison, vous devez leur faire savoir que le docteur l’a  prescrit spécifiquement pour eux.  Même s’ils ne savent pas encore lire, montrez-leur que leur nom est sur la bouteille.  Dites-leur que le médicament les aidera à mieux aller mais que ça pourrait rendre quelqu’un d’autre malade.  Expliquez-leur qu’il n’y a que vous ou un autre adulte responsable qui peut leur donner ce médicament. 
  • Si votre jeune prend une vitamine qui ressemble à un personnage de bande dessinée ou qui goûte et/ou ressemble à des bonbons, dites-leur que ce n’est pas du bonbon et qu’ils pourraient être malades s’ils en consomment plus d’une à la fois.
  • Les enfants sont curieux – et ils ont tendance à ramasser des choses bizarres ou colorées en pensant qu’elles sont comestibles – dites-leur de ne rien mettre dans leur bouche qui ne vient pas de vous.
  • N’oubliez pas que l’alcool, les produits du cannabis, les produits d’entretien ménager et les médicaments sont dangereux pour les tout-petits.  Ils doivent être placés dans un endroit sécuritaire, hors de portée des enfants.

Préscolaire – 3 à 5 ans

Confiants, indépendants, émotifs, ils ont leur propre univers et sont en quête de fantaisie.

À cet âge-là, ils sont plus conscients de leur environnement.  Ils vivent dans un univers de rêve et de fantaisie qui prend vie dans des personnages, des costumes et des fêtes imaginaires.  

Ils sont à l’affût de tout ce qui se passe autour d’eux.  Si votre jeune est dans cette phase, attendez-vous souvent à des «pourquoi?» et des «comment?».

Voici certaines suggestions :

  • Mettez l’accent sur le bonheur d’être en bonne santé.  «Qu’est-ce que tu peux faire parce que tu es en bonne santé?» (jouer, courir, sauter, etc.).  Rappelez-lui de penser à ce qu’il ressent lorsqu’il est malade et que cela l’empêche de faire toutes ces activités.
  • Expliquez-leur que les médicaments peuvent les aider à se sentir mieux quand ils sont malades  mais qu’ils peuvent être nocifs quand nous ne sommes pas malades.  Rappelez-leur que seule la personne dont le nom apparaît sur la bouteille peut prendre ce médicament et ce, seulement si c’est vous, le médecin ou un adulte de confiance qui leur donne.
  • Commencez à introduire la notion de «responsabilité».  Demandez à vos enfants de nourrir au quotidien l’animal de la famille, de se brosser les dents sans qu’on le leur demande, de ranger par eux-mêmes leurs jouets.  N’oubliez pas de souligner leurs bons coups :  apposez à divers endroits des autocollants colorés et dites-leur à quel point vous êtes fiers d’eux et de ce qu’ils font.
  • Montrez à vos enfants certains des produits d’entretien ménager potentiellement toxiques que vous avez dans la maison et expliquez-leur qu’ils peuvent être très nocifs pour eux.  Attirez leur attention vers les étiquettes d’emballage et les divers sigles représentant les risques d’incendie, de toxicité, de corrosion et d’explosion. Ayez recours à des mots comme «brûlure», «blessure» ou  «piqure» afin qu’ils puissent voir le risque que représentent ces produits.  Assurez-vous de toujours remiser ces produits potentiellement toxiques et tous les médicaments dans un endroit sécuritaire, hors de portée des jeunes enfants.
  • Vous croyez que votre enfant ne semble pas comprendre et se souvenir des  risques que cela représente :  alors, faites appel à son imaginaire en vous  servant d’une marionnette, d’une poupée, d’une figurine ou d’un jouet pour mieux lui faire comprendre les risques en question.

Au début du primaire – 5 à 8 ans

Ils aiment à la fois la routine et apprendre des choses, chérissent leur famille, détestent l’échec et adorent les compliments.

Durant cette période, les enfants feront face à plusieurs changements. Ils peuvent passer, en l’espace de quelques mois, de l’état de bambins chérissant inconditionnellement leurs parents à celui d’enfants parfois frondeurs, agressifs et défiant les règlements.

Il est important d’établir des règles et d’y donner suite, de leur présenter le plus d’occasions possibles pour qu’ils apprennent à prendre leurs propres décisions, d’écouter leurs inquiétudes et de trouver ensemble des solutions simples.

Voici des conseils qui vous aideront à amorcer une conversation avec votre jeune :

  • Assurez-vous de glisser dans la conversation certains termes qu’ils pourraient entendre comme «drogues » et « substances» pour leur apprendre le sens et certaines différences.
  • Expliquez-leur aussi qu’un médicament qui sert à soigner ne doit pas servir à autre chose.  Expliquez comment il est important de suivre les indications et de n’utiliser les médicaments que selon les recommandations d’un professionnel de la santé. Pour illustrer, on peut expliquer que prendre une vitamine par jour peut être recommandé mais que plus d’un comprimé par jour peut avoir des risques sur la santé.
  • Soyez très précis et expliquez-leur que  certaines substances comme le tabac et l’alcool sont néfastes pour leur corps et peuvent rendre les enfants très malades;
  • Pour la majorité des enfants de cet âge, cette simple introduction suffit et peut même être quelque peu désarmante.  Si votre enfant pose des questions additionnelles, répondez franchement, dans des termes simples, sans ajouter quoi que ce soit d’autres.
  • Trouvez des moments propices. Si vous êtes en train de regarder la télé ou une vidéo et que vous voyez quelqu’un fumer ou boire à l’écran, demandez-leur : « qu’est-ce qui se passe dans cette émission, dans ce jeu ou ce vidéo, d’après toi? » Expliquez-leur que les choses ont parfois l’air amusantes ou plaisantes dans les médias, tandis que nous savons très bien que prendre de la drogue peut nuire à la santé. « Quelles sont les choses que l’on peut faire pour rester en santé? ».
  • Établissez des règles et des mesures de sécurité précises et déterminez des conséquences.  Impliquez votre jeune dans la mise en place de ces règles comme : «ne jamais prendre de médicaments de quiconque sauf de papa ou maman» et «viens me dire si tu penses que quelqu’un de la famille peut être en danger car il/elle s’amuse avec une bouteille qui affiche un symbole de poison».  Expliquez à votre enfant que ces règles servent à protéger tous les membres de la famille.
  • Renforcez les bons choix effectués par des encouragements, des autcollants apposés aux bons endroits et des privilèges accordés. Certains enfants de cet âge aiment faire partie de l’expérience et répondent bien à l’invitation en apposant leurs propres autocollants sur un diagramme ou en appelant un proche pour lui faire part des bons choix qu’il viennent d’effectuer.
  • Évitez les tactiques de peur. Les enfants de cet âge peuvent être très sensibles aux choses qui pourraient nuire à leur famille. Ne cachez pas ce que vous pensez des « substances » nuisibles, mais cherchez plutôt à expliquer au lieu de moraliser.

Deuxième cycle du primaire – 9 à 12 ans

Indépendants, vulnérables, émotifs, curieux,  ils sont centrés sur eux-mêmes

Les pré-ados sont curieux, ils s’intéressent à moult choses et veulent faire des expériences.  C’est une période de leur développement où ils peuvent être tiraillés entre la sécurité, le confort de leur famille et la fébrilité d’être avec leurs amis. 

Certains jeunes peuvent être plus susceptibles d’expérimenter avec des substances et d’adopter d’autres comportements à risque. 

Ils peuvent se mettre à consacrer plus de temps aux médias sociaux et à d’autres technologies. Ils peuvent être plus conscients de leur corps, ressentir de la pression venant des pairs, avoir une faible estime d’eux-mêmes, en plus de passer par des « montagnes russes » d’émotions.

En tant que parents, ce que nous disons et comment nous le faisons aura un impact sur leur façon de penser, leur prise de décision, leur attitude face aux risques et les choix qu’ils feront.

Voici quelques suggestions pour mieux communiquer avec vos pré-ados à propos de la consommation de substances :

  • Tout est dans le ton.  Pensez dialogue plutôt que sermon.  Demandez-leur calmement ce qu’ils savent sur les drogues, ce qu’ils peuvent avoir vu à leur école et dans leur entourage;  et, écoutez les attentivement.
  • Demandez-leur ce qu’ils en savent et ce qu’ils constatent autour d’eux  à l’école et dans leur milieu.
  • Concentrez-vous sur la cigarette, l’alcool et le cannabis – car ce sont les principales substances que les pré-ados essaient en tout premier lieu.  «Que savent-ils?» – «où ont-ils déniché l’info?» – «comment pourraient-ils vérifier la véracité de l’info?».
  • Dites-leur que la consommation de substances vous inquiète et, le cas échéant, avouez que vous n’avez pas toute l’information.  «À dire vrai, je ne suis pas tout à fait à jour sur toutes les substances nocives qu’on retrouve actuellement.  Peut-être qu’on peut en apprendre plus ensemble».
  • Faites ensemble des recherches sur les faits inconnus et les fausses perceptions au sujet des substances.
  • Soyez conscients de l’impact de vos propres actions – votre pré-ado vous surveille!

Autres suggestions :

  • Prenez la peine de connaître les amis de vos ados. Invitez-les chez vous et communiquez avec leurs parents.
  • Formulez des règles et des conséquences claires, réalistes et applicables. Entendez-vous sur certaines règles au sein de la famille. Effectuez un suivi en cas d’« infractions ». La cohérence est importante, surtout lorsque vous instituez des règles sécuritaires en matière de consommation.
  • Renforcez les bons choix effectués. Soyez sincères dans vos compliments.
  • Recherchez des activités amusantes à faire en famille.

Au secondaire – 13 à 18 ans

Sociables, émotifs, défiants, passionnés, indépendants

Cet âge charnière, tout en se voulant une étape fascinante, peut s’avérer parfois difficile pour les parents. Les adolescents forment leur propre personnalité, affirment leur individualité et formulent leurs idéaux et leurs rêves.

Ils peuvent se passionner pour une cause, un sport ou quoi que ce soit qui puisse les intéresser. Ils sont des êtres sociaux avant tout et les amis peuvent avoir la préséance sur les parents; par conséquent, ils sont souvent vulnérables à l’égard de la pression exercée par les pairs.

Voici quelques suggestions pour discuter de trucs pour parler de la consommation de substances avec vos adolescents :

  • Choisissez un moment où vous faites une activité ensemble pour aborder le sujet de la consommation. Réagissez calmement devant tout refus d’en parler et faites-leur savoir que vous serez prêts quand ils le seront. «Quand tu voudras en parler, je serai là ».
  • Gardez votre calme et ne tentez pas de les effrayer. Favorisez le respect mutuel et l’honnêteté en discutant, pas en sermonnant. Si vous les écoutez, ils vous écouteront aussi.
  • Prenez la peine de connaître leurs amis et faites-leur part de tout ce qui vous préoccupe sans porter de jugements.
  • L’alcool, le tabac et le cannabis font partie des substances les plus consommées par les adolescents et le vapotage gagne en popularité. Passez plus de temps à discuter de ces substances. « Que pensent-ils de ces substances? »  « Qu’est-ce qui justifie leurs attitudes à cet égard ?».
  • Rappelez-leur l’importance de ne pas consommer des médicaments qui ne leur ont pas été prescrits et abordez la question des opioïdes tels que le fentanyl et l’oxycodone. Discutez avec eux des drogues de rue « altérées » qui peuvent entraîner la mort, même après une première consommation.
  • Apprenez ce que vous devez faire en cas de surdose. (lien) Abordez l’existence du naloxone, en vous assurant qu’ils sachent que le naloxone peut sauver la vie d’une personne en situation de surdose.
  • Convenez avec eux de signaux à utiliser pour solliciter votre aide immédiate en cas de situations difficiles. Par exemple, « j’ai oublié mes clés » peut facilement vous indiquer que votre jeune a besoin que vous alliez le chercher. Ainsi, ils pourront discrètement vous demander de l’aide ou de venir les chercher sans soulever de soupçons ou de réactions négatives auprès de leurs pairs.

Autres suggestions :

  • Prenez la peine de connaître les passions et les goûts de vos ados. Faites des activités ensemble pour promouvoir les bons choix.
  • Prenez la peine de connaître leurs amis. Prenez note des changements d’amis soudains et parlez-en à vos ados pour en connaître les raisons.
  • Amenez vos ados à participer à une activité bénévole – en votre compagnie, avec leurs amis ou avec un adulte de confiance. Songez à une soupe populaire, à une « mission » ou à un centre communautaire dans le voisinage. Discutez de l’expérience.

Les jeunes adultes – 19 à 25 ans

Aider vos jeunes adultes à envisager une vie saine après le secondaire signifie que vous leur transmettez de bons principes tout en les encourageant à devenir indépendants.

Il s’agit d’une période de transition où ils sont susceptibles de quitter la maison ou d’emménager dans une autre ville pour les études collégiales ou universitaires.

Il y a des chances qu’ils aient déjà consommé et qu’ils aient déjà fait leurs propres choix. Faites preuve de respect et d’écoute quand ils vous expriment leurs choix avant d’offrir votre propre point de vue.

Voici cinq suggestions pour parler de drogue avec un jeune adulte :

  • Gardez un canal de communication ouvert avec vos jeunes adultes, même s’ils ont quitté la maison. Rappelez-leur que vous serez toujours là pour eux.
  • Soyez vigilants à l’égard de leur santé mentale, et encouragez-les à parler de ce qu’ils ressentent. Il y a une relation très étroite entre la santé mentale et la santé physique, sans oublier le stress et l’angoisse, et la consommation.
  • Les drogues les plus populaires sur les campus sont l’alcool, le cannabis et le vapotage.  Discutez avec eux des directives de consommation d’alcool à faible risque   et les recommandations pour l’usage du cannabis à moindre risque ces recommandations peuvent contribuer à réduire énormément les effets néfastes possibles de la consommation d’alcool et de cannabis sur leur santé.
  • Rappelez-leur que l’utilisation à des fins non médicales de stimulants, d’analgésiques et de tranquillisants prescrits peut avoir des conséquences graves à court et à long terme.
  • Discutez avec eux de la conduite sous l’effet de l’alcool ou du cannabis. Rappelez-leur de ne jamais conduire un véhicule motorisé après avoir consommé du cannabis ou de l’alcool, ou de ne pas monter dans un véhicule conduit par quelqu’un dont les facultés sont affaiblies.

Faites savoir à vos enfants que vous serez toujours là pour eux, peu importe ce qui peut leur arriver.  Élaborez avec eux des stratégies et des choses à dire pour se sortir de situations inconfortables ou risquées qui pourraient entraîner une consommation problématique d’alcool ou de drogue avec leurs pairs. 

Sachez que vos enfants peuvent avoir besoin de vous à tout âge et qu’un dialogue ouvert peut contribuer à renforcer les liens que vous avez avec eux.


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