La crise des opioïdes

En 2020, la crise des opioïdes a entraîné le décès de 4 395 personnes au Canada, soit l’équivalent de 12 décès quotidiens liés aux opioïdes. 1

La crise des opioïdes est un problème grave au Canada; avec des décès accidentels et des hospitalisations qui atteignent des proportions épidémiques, la crise affecte d’innombrables familles canadiennes. 

Au cours des dernières années, soit entre janvier 2016 et mars 2021, la crise des opioïdes a occasionné quelque 22 828 morts par intoxication et 26 134 hospitalisations pour des intoxications reliées aux opioïdes.2

La pandémie de Covid-19 a  aggravé la crise de santé publique actuelle; depuis le début de la pandémie, on a constaté 6 946 décès apparemment causés par une intoxication aux opioïdes (soit entre avril 2020 et mars 2021), une augmentation de 88 % par rapport à la période équivalente précédant la pandémie (3 691 morts entre avril 2019 et mars 2020).3

Les opioïdes représentent un risque particulièrement élevé pour les jeunes.

En effet, les adolescents et les jeunes gens comptent pour près de 20 % des décès évitables causés par des opioïdes, et les taux d’hospitalisations entraînées par une intoxication aux opioïdes ont augmenté dans toutes les catégories d’âge – mais surtout parmi les jeunes de 15 à 24 ans.

Cette situation s’explique par une multitude de facteurs complexes, dont : des ordonnances excessives d’opioïdes, une incompréhension initiale des risques de dépendance aux opioïdes d’ordonnance, la présence d’opioïdes d’ordonnance (licites) sur le marché noir, la consommation d’opioïdes légaux par des individus à qui ils ne sont pas prescrits, et, de plus en plus, des drogues de rue mélangées avec du fentanyl, des analogues du fentanyl, et ce, sans oublier la présence d`opioïdes encore plus puissants comme le carfentanil.

Il n’y a pas moyen de connaître avec certitude la teneur en fentanyl des drogues illégales; on ne peut voir, sentir ou même goûter celui-ci – toutefois, quelques grains peuvent tuer. Quiconque utilise ces substances pourrait s’exposer à une dose mortelle.

Quiconque utilise ces substances s’expose à une surdose accidentelle, y compris ceux qui :

  • sont aux prises avec un problème de consommation;
  • consomment de la drogue à l’occasion dans un contexte récréatif;
  • consomme une drogue illégale pour la première fois;
  • ne suivent pas rigoureusement les consignes de leurs professionnels de la santé.

Facteurs de risque

Les parents doivent être conscients de certains facteurs qui pourraient accroître les risques de dépendance aux opioïdes ou toute autre forme de dépendance chez un enfant. Des facteurs de risques psychologiques, sociaux et biologiques tels que la génétique, la santé mentale, des traumatismes subis en bas âge, la pauvreté et l’absence d’un environnement familial adéquat sont tous des facteurs qui accroissent les possibilités d’une consommation problématique de drogues par des jeunes, ou de problèmes de santé liés à leur usage.

Parmi d’autres facteurs de risque, on peut mentionner :

  • des antécédents personnels d’usage problématique de substances, y compris l’alcool;
  • des antécédents familiaux de consommation problématique de substances ou de dépendance;
  • des antécédents d’abus sexuels chez des préadolescents ou de traumatismes subis pendant l’enfance;
  • des antécédents personnels de problèmes psychiatriques.

Les facteurs de risque ne déterminent pas l’avenir d’un enfant – mais ils peuvent donner un aperçu de sa probabilité à consommer des drogues de façon problématique ou, d’une prédisposition en matière de dépendance. Il est important de connaître les facteurs de risque, étant donné que des jeunes qui ont peut-être déjà expérimenté des substances telles que l’alcool ou le cannabis sont plus enclins à essayer d’autres substances, dont les opioïdes.

Si votre enfant (ou une « connaissance ») consomme des opioïdes de façon problématique ou est aux prises avec un trouble lié à l’usage d’opioïdes, prenez connaissance des signes de surdose, ayez de la naloxone à portée de la main et assurez leur sécurité en élaborant des consignes de sécurité pour eux.

Sans approuver la consommation de ces substances, abordez la question des mesures de sécurité avec eux à titre de précautions pour réduire les risques de surdoses accidentelles – par exemple, ne consommer que dans des centres de consommation supervisés et de prévention des surdoses. Un  plan de sécurité bien élaboré contribuera à réduire les risques pour votre jeune tout en lui signalant que vous vous souciez de lui et que vous souhaitez continuer à vous impliquer dans sa vie de manière positive.

Pour en savoir davantage et connaître les statistiques sur la crise des opioïdes, veuillez consulter le site de Santé Canada.

Stigmatisation

Il est important de comprendre qu’une consommation  problématique de substances ou une dépendance n’est pas un choix délibéré; il s’agit d’une condition médicale. 

Donc, pourquoi les personnes ou les familles qui ont besoin d’aide ne reçoivent-elles pas l’aide dont elles ont besoin?

« La stigmatisation est la clef pour comprendre ce qui empêche les gens d’agir, de recevoir l’aide nécessaire et de mettre en pratique des méthodes de réduction des méfaits. Il s’agit d’une situation pernicieuse. La stigmatisation liée aux opioïdes et aux divers problèmes de consommation de substances éclipse tout autre type de stigmatisation associée à la maladie mentale »

– Stéphanie Knaak, Ph.D., Commission de la santé mentale du Canada.

Le rôle joué par la stigmatisation dans la crise des opioïdes au Canada ne doit pas être sous-estimé.

La stigmatisation entourant l’usage de substances a isolé les gens qui prennent de la drogue et a créé des obstacles importants tels que la honte et la culpabilité qui les empêchent de demander l’aide et le soutien dont ils ont besoin. Cette situation incite souvent les gens à consommer en solitaire, ce qui peut, d’autre part, mener à des surdoses en l’absence de toute personne pouvant leur venir en aide.

Même de modestes changements peuvent servir à contrer le cycle de la stigmatisation; par exemple, en adoptant un langage axé sur la personne et non en l’étiquetant à sa problématique en plus d’écouter avec compassion et de ne pas porter de jugement. Il est important que les adultes influents que nous sommes puissent partager ces connaissances avec les jeunes qui font partie de nos vies.

En abordant la question de la stigmatisation, vous permettrez à tous ceux d’entre nous qui se sentent concernés de réfléchir à la façon dont nous traitons ceux qui souffrent d’une forme quelconque de consommation problématique de drogues, et d’agir afin d’améliorer la situation.

Nous vous encourageons à lire le rapport axé sur la stigmatisation de l’administratrice en chef de la santé publique au Canada 2019.