Cannabis

Le cannabis est souvent l’une des premières drogues offerte aux adolescents.

Même si le cannabis est maintenant légal au Canada, cela ne change pas le fait que toutes les substances psychotropes, y compris, nuisent au cerveau encore en développement des adolescents.

Explorez avec vos enfants l'impact de la consommation précoce de substances dans la vie d'un enfant et faites leur comprendre que la consommation de ces substances Durant l’adolescence ou avant peut augmenter le risqué de problèmes de santé et affecte leur éducation et leur vie sociale.

Le cannabis et les jeunes

Le taux de consommation de cannabis est deux fois plus élevé chez les adolescents canadiens de 15 à 24 ans que chez les adultes. 1

    • Les jeunes Canadiens présentent un des taux de consommation de cannabis parmi les plus élevés au monde. En 2016, l’Organisation mondiale de la Santé a compare la consommation de cannabis des 30 derniers jours chez les jeunes de 15 ans provenant de 40 pays, et elle a constaté que la consommation chez les jeunes Canadiens (13 %) était la deuxième plus élevée.2
    • Un adolescent sur cinq¸ âgé de 15 à 19 ans, a consommé du cannabis au cours de la dernière année. 3
    • En 2017, en Ontario, la consommation de cannabis a augmenté avec le niveau de scolarité pour atteindre un sommet de 36,9 % chez les élèves de la 12e année.L'enquête de L’OSDUHS sur l’usage de cannabis par les étudiants du secondaire en Ontario démontre un usage suivant par année scolaire : 9,3% en 9e, 19,9% en 10e, 30,4% en 11e et 36,9% en 12e 4
    • La consommation de cannabis est plus répandue chez les hommes que chez les femmes, bien que le taux de consommation chez ces dernières soit à la hausse.5
1- CTADS 2017, 2- Organisation mondiale de la Santé, Comportements de santé des jeunes d’âge scolaire, 2016, 3 - Statistiques Canada 2016, 4 - SCDSEO, 2017, 5 - Statistiques Canada 2016

Le cannabis et les jeunes

Il n’existe pas de raison précise pour laquelle les adolescents consomment du cannabis.

Ils essaient parfois le cannabis pour des raisons sociales, comme un moyen de s’intégrer ou de socialiser avec leurs pairs, ou parce qu’ils pensent que « tout le monde le fait ». Ils peuvent également consommer du cannabis comme un mécanisme d’adaptation aux stress causés par la vie. 6  

Un adolescent peut aussi se servir du cannabis pour s'auto-medicamenter afin de l'aider à dormir, stimuler son appetit, ou réduire ses inquietudes et son stress. 7

Si un adolescent consommé du cannabis comme mécanisme d’adaptation et que ça fonctionne, il est plus susceptible de continuer de consommer.  « Il se dit quand je suis stressé, je fume du pot et ça me détend » Il est fort probable qu’il continuera de consommer du cannabis au lieu de trouver d’autres pistes de solution et d’adopter des comportements plus sains comme faire du sport, fréquenter un ami, jouer de la musique, parler à quelqu’un de ses sentiments ou lire un livre, pour l’aider à composer avec la pression et le stress qu’il ressent.

Le cannabis, tout comme toutes les autres drogues, peut entrainer une dépendance.  Il affecte le système de récompense du cerveau comme c’est le cas pour toutes les autres drogues créant une dépendance – et la probabilité de développer un problème de consommation ou de dépendance augmente considérablement chez les personnes qui commencent à consommer dès un jeune âge.8

6 ,7 McKiernan et Fleming, Les perceptions des jeunes Canadiens sur le cannabis, CCDUS, 2017 - 8 Drug Alcohol Depend, Winters & Lee 2008

Le cannabis est un produit de la plante Cannabis sativa.

Après l’alcool, le cannabis est la substance psychoactive (drogue qui affecte le cerveau) la plus consommée au Canada.1 Le principal ingrédient chimique actif du cannabis, est le THC (delta -9- tétrahydrocannabinol). Parmi les quelques 400 ingrédients chimiques retrouvés dans la plante de cannabis, le THC est celui qui affecte le plus le cerveau. Il s’agit d’un produit chimique psychotrope qui apporte une sensation d’euphorie (high) aux personnes qui consomment du cannabis. Un autre ingrédient chimique actif du cannabis est le CBD (cannabidiol), qui est de plus en plus reconnu pour ses propriétés médicales potentielles et sa capacité de modérer les effets du THC.

Pour en apprendre plus sur le cannabis à des fins médicales, vous pouvez consulter «Dissiper la fumée entourant le cannabis : usage de cannabis et de cannabinoïdes à des fins médicales du CCDUS.

Certains des termes désignant le cannabis sont : Marijuana, herbe, mariejeanne, mj, hasch, kif, chanvre (et, en anglais, bud, blunt, dab, dope, ganja, green, hash, joint, loud, pot, reefer, shatter, skunk, smoke, trees, wax).

Comment s’en sert-on ?

Le cannabis est généralement roulé en une cigarette (appelée « joint ») ou un cigare (appelé « blunt »), ou il est fumé dans une pipe ou dans une p ipe à eau (appelé « bong »). Une seule inhalation de fumée est appelée « hit ».

La résine de cannabis peut être vaporisée ou fumée dans une pipe ou un bong (où la fumée est aspirée à travers l’eau avant d’être inhalée) ou vapoter dans les cigarettes électroniques ou les vapoteuses.

Le cannabis peut également être infusé comme un thé ou mélangé à de la nourriture et consommé comme bonbons, biscuits et carrés au chocolat.7

Manger des produits comestibles faits maison contenant des extraits de cannabis comme des brownies ou des biscuits peut sembler par certains jeunes comme une façon moins risquée de consommer plutôt que de fumer. Les effets de consommer par voie orale du cannabis peuvent prendre une à deux heures avant de se faire sentir et perdurer entre huit à douze heures.  Il est fortement recommandé d’attendre une longue période avant de consommer à nouveau des produits de cannabis afin d’éviter la multiplication d’effets.

Pour plus d'informations sur les produits comestibles au cannabis, téléchargez notre brochure sur les produits comestibles au cannabis. 

Les extraits de cannabis, qui comprennent les huiles et les teintures, peuvent également être ingérés ou inhalés dans une pipe ou un bong et / ou vaporisés avec une cigarette électronique ou un autre appareil de vapotage. Les extraits de cannabis ont tendance à avoir des niveaux plus concentrés de THC.

Seuls des producteurs autorisés sous licence cultivent des produits de cannabis qui peuvent être achetés légalement au Canada.   Le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador n'autoriseront pas la vente de vapoteurs de cannabis en raison de préoccupations concernant un lien possible entre les produits de vapotage et les maladies pulmonaires graves.

Voir notre page vaping pour plus d'information. 

Les produits à base de cannabis doivent être fabriqués par des producteurs autorisés et achetés uniquement auprès de vendeurs agréés. Des données probantes disponibles laissent entendre que le cannabis illégal peut être contaminé par des pesticides et des produits chimiques nocifs.9 Les cannabinoïdes synthétiques comme K2 ou Spice devraient être évités à tout prix.

9 Journal of Toxicology, 2013 Nicholas Sullivan et al.

Pourquoi s’en faire avec le cannabis?

La consommation précoce et régulière de cannabis affecte la santé des jeunes. La consommation de cannabis peut entraîner bon nombre de conséquences négatives comme de mauvaises notes, des ruptures d’amitiés ou des problèmes familiaux.  Par-dessus tout, les cerveaux et les corps des adolescents sont encore en développement, et la consommation de drogues peut nuire à leur indépendance naissante et à leurs efforts pour se forger une identité.

L'usage des substances peut désorienter la vie d’un jeune sur les plans physique, émotionnel et comportemental. Elle peut réduire sa capacité à se concentrer et à accumuler de l’information durant les meilleures années d’apprentissage de sa vie. Elle peut également affaiblir son jugement, ce qui peut le mener à prendre des décisions risquées concernant sa vie sexuelle ou à monter dans un véhicule avec les facultés affaiblies par la drogue.

À l’exception notable de la conduite avec facultés affaiblies à cause de la drogue, il est peu probable que la consommation de cannabis provoque un handicap permanent ou un décès, mais une trop grande quantité de drogue dans l’organisme d’une personne peut avoir des effets néfastes et ce n’est pas aussi bénin, que certains adolescents peuvent le croire.

Les effets à court terme

Les effets à court terme de la consommation de cannabis sont : le sentiment de bonheur, la détente, la sociabilité accrue et des sensations accrues, des problèmes de mémoire et d’apprentissage, des perceptions déformées (la vue, l’ouïe, le temps, le toucher), de la difficulté à réfléchir et à résoudre des problèmes, des tremblements, une perte de coordination motrice, une élévation de la fréquence cardiaque et de l’anxiété. Ces effets peuvent devenir encore plus marqués quand d’autres drogues sont mélangées avec le cannabis. 10

10 CCDUS 2015: Beirness et Porath 2017

Les effets potentiels à long terme

Le cannabis est une substance addictive. Le risque de développer une dépendance est de une sur six personnes qui commencent à consommer régulièrement du cannabis à l'adolescence.11

Une consommation régulière de cannabis chez les adolescents présente un risque accru d’éprouver des symptômes psychotiques (des modifications des pensées, des sentiments et des comportements), en particulier lorsqu’il y a des antécédents familiaux ou personnels de troubles psychotiques. Certaines études ont avancé que le cannabis peut également augmenter le risque d’anxiété et de dépression avec le temps.12

Qu’est-ce qu’une consommation régulière? Une consommation régulière de cannabis signifie que la consom­mation de cannabis se poursuit d’une façon régulière au fil du temps. Elle peut avoir lieu tous les jours, presque tous les jours, ou chaque fin de semaine pendant plu­sieurs mois ou un certain nombre d’années.

La consommation précoce et fréquente de cannabis est liée à un mauvais rendement à l’école, à de moins bonnes notes et à un risque accru de décrochage. Les faits actuels n’indiquent pas encore clairement si une consommation régulière affecte le QI d’un adolescent 13 ; toutefois, des recherches indiquent qu’une consommation précoce, régulière, importante et à long terme de cannabis par les adolescents pourrait nuire à leurs capacités cognitives, et que les effets pourraient être irréversibles.14

Les jeunes peuvent être particulièrement vulnérables à ces résultats négatifs en raison des changements importants qui se produisent dans le cerveau pendant l’adolescence, particulièrement en ce qui concerne le développement et la maturation continus du cortex préfrontal, qui est essentiel aux processus cognitifs d’ordre supérieur, tels que le contrôle des impulsions, la mémoire vive, la planification, la résolution de problèmes et la gestion des émotions.15

Le cannabis, tout comme toutes les autres drogues, peut entraîner une dépendance. Il affecte le système de récompense du cerveau comme c’est la cas pour toutes les autres drogues créant une dépendance – et la probabilité de développer un problème de consommation ou de dépendance augmente considérablement chez les personnes qui commencent à consommer dès un jeune âge.16

Apprenez à connaître les Recommandations canadiennes pour l’usage du cannabis à moindre risque (RUCMR) et discutez-en avec vos jeunes.  Ces recommandations peuvent grandement aider à réduire les méfaits potentiels de la consommation de cannabis pour la santé des jeunes et des jeunes adultes.

11-12-13-15 George & Vaccarino, 2015 14 Meier et al, (2012) 16 Drug Alcohol Depend, Winters & Lee, 2008

Le cannabis au volant

Il est illégal de conduire sous l’effet du cannabis.

La conduite avec facultés affaiblies par la drogue entraîne les mêmes sanctions que la conduite avec facultés affaiblies par l’alcool. Conduire après avoir consommé du cannabis augmente les risques d’accident. Pourtant, bien des jeunes prennent quand même le volant après avoir fumé du pot.

En 2017, les jeunes ayant participé à une étude qualitative d’une enquête menée par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances ont avoué croire que la conduite sous l’influence de cannabis était plus sécure ou moins à risque que la conduite sous l’influence de l’alcool. Cette croyance vient en partie du fait que les jeunes n’associent pas les sensations d’être «gelés» (calmes, joyeux et relaxes) aux comportements à risque reliés à la conduite sous l’influence de l’alcool.17

Parmi les jeunes qui ont consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois, 27,8% de ceux âgés entre 16 et 19 ans et 43,1% de ceux entre 20 et 24 ans ont avoué avoir conduit en-dedans de 2 heures suivant leur consommation.18

Plusieurs jeunes vont être passagers d’un véhicule dont le conducteur a consommé du cannabis. 40,9% des jeunes entre 16 et 19 ans et 55,6% de ceux entre 20 et 24 avouent avoir été passagers d’un véhicule dont le conducteur avait consommé du cannabis en-dedans des 2 heures précédentes.19

17 McKiernan, A., & Fleming K. (2017) : Perceptions des jeunes canadiens sur le Cannabis. Ottawa : Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, 18, 19  Enquête canadienne sur le cannabis, (ECC) 2017

Notre page La drogue au volant contient de nombreuses informations sur la conduite en état d’ébriété, sous l’influence du cannabis et d’autres drogues.

 

Le cannabis et l’alcool

Tandis que certains adolescents prétendent que le cannabis est plus sécuritaire que l'alcool, les résultats d’un sondage démontrent que, habituellement, les adolescents ne consomment pas que de l’alcool ou que du cannabis; ils consomment les deux, souvent en même temps 20 – c'est un dangereux mélange principalement lorsqu'ils prennent le volant.

La consommation du cannabis à lui seul suffit à altérer le jugement. La plus grande incidence du mélange de cannabis et de l’alcool est l’augmentation importante de l’altération du jugement. Le niveau d’intoxication et d’effets secondaires ressentis peut être imprévisible. Lorsque l’on consomme du cannabis et de l’alcool en même temps, il y a une plus grande probabilité que des effets secondaires négatifs surviennent sur les plans physique ou psychologique (panique, anxiété et paranoïa).21

La consommation d’alcool et de cannabis avant de prendre le volant peut considérablement accroître le risque d’accident de voiture. Ce qui est également le cas si l’on associe la consommation du cannabis à d’autres drogues.22

 

20 Partnership Attitude Tracking Study 2013, 21 National Cannabis information and support Australia 2016, 22 CCDUS 2016

Comme parent, vous êtes la personne qui a le plus d’influence dans la vie de votre enfant.

Garder les voies de la communication ouvertes peut faire toute la différence dans la prévention de la consommation des drogues chez vos adolescents. Parler aux adolescents de certains sujets peut s’avérer difficile et c’est encore pire quand il s’agit de drogues et d’alcool. Cependant, en créant un environnement calme propice au dialogue avec votre adolescent, cela favorisera une communication franche et ouverte où vous pourrez avoir un dialogue ouvert et respectueux tout en étant calme et équilibré.

Soyez patient. N’oubliez pas d’énoncer clairement vos buts, d’être positifs et de démontrer de la compassion. Ces aptitudes nécessitent de la pratique, alors si la conversation ne va pas comme vous l’avez souhaité, n’oubliez pas que vous aurez d’autres occasions de pratiquer.

Continuez pour créer un environnement paisible et propice à la conversation où vous pourrez avoir un dialogue ouvert et respectueux tout en étant calme et équilibré.

C’est la raison pour laquelle nous avons créé la brochure «Parler Cannabis» Vous apprendrez comment préparer le terrain pour avoir un dialogue ouvert avec votre pré-ado ou votre adolescent sur n’importe quel sujet, mais en particulier sur le cannabis. Vous pouvez la télécharger  ou commandez les copies imprimées ici. 

Vous êtes importants!

«En tant qu’éducateur communautaire, je parle souvent aux parents, jeunes, enseignants et administrateurs des risques associés à la consommation de marijuana pendant l’adolescence. Les adolescents me disent souvent que la marijuana les aide à composer avec des troubles tels que l’anxiété, la dépression et le TDAH. Ce qui est alarmant c’est que, non seulement ils ne connaissent pas vraiment les effets de la marijuana et les torts qu’elle cause, mais les parents sont également confus et non informés sur les risques de problèmes de développement liés à une consommation régulière de marijuana. Nous devons continuer à avoir ces conversations importantes avec nos jeunes. Un message que je transmets aux parents est que leurs jeunes les écoutent. Les parents jouent un rôle clé dans la modération des influences de la consommation d’alcool et de drogues par leurs enfants.»

— Jackie Smith, RN, PhD, Addiction and Family Wellness Counselor, Calgary