La crise des opioïdes

Les opioïdes représentent un risque particulièrement élevé pour les jeunes

La crise des opioïdes est un problème grave au Canada; avec des décès accidentels et des hospitalisations qui atteignent des proportions épidémiques, la crise affecte d’innombrables familles canadiennes. 

Malgré le fait que cela peut être très déstabilisant, en cernant les principaux facteurs déclencheurs qui se cachent derrière ce problème, vous serez plus aptes de parler avec vos jeunes des risques significatifs que représentent la consommation d’opioïdes à des fins non médicales.

Les adolescents et les jeunes gens comptent pour près de 20 % des décès liés à une intoxication aux opioïdes qui étaient évitables. Depuis le début de la crise des opioïdes, les taux d’hospitalisations entraînées par une intoxication aux opioïdes ont augmenté dans toutes les catégories d’âge – mais surtout parmi les jeunes de 15 à 24 ans.

Les opioïdes sont une classe de médicaments utilisés à des fins médicales et non médicales. Ils sont prescrits à des fins médicales principalement pour soulager la douleur à la suite d’une chirurgie, à une blessure, ou pour un problème de santé. Ils sont aussi utilisés pour gérer un trouble lié à l’usage d’opioïdes ou une dépendance (traitement assisté par médicaments).

La plupart des décès et des hospitalisations sont attribuables à des opioïdes très puissants comme le fentanyl et ses substances analogues qui sont synthétisés et vendus de façon illicite. Ces opioïdes sont imprévisibles en matière de contenu et de force.

Le fentanyl illicite est dissimulé dans des pilules qui ressemblent en tout point aux médicaments sous ordonnance et est mélangé à de la cocaïne, à de la méthamphétamine et à d’autres substances illégales.  Il est impossible de savoir avec certitude la teneur en fentanyl que contient une substance illicite parce qu’il est incolore, inodore et sans goût.  Quelques grains à peine peuvent être mortels.

La crise des opioïdes a coûté la vie à 30 843 personnes entre janvier 2016 et mars 2022 dont la majorité des décès (96%) étaient accidentels. Ce qui représente près de 21 décès par jour. 1 Au-delà des statistiques, chacune de ces personnes était l’être cher de quelqu’un, un ami, un membre de la famille, un collègue, et ils ont tous perdu la vie bien trop tôt.

La pandémie de la Covid-19 a eu des répercussions majeures sur la crise des opioïdes; depuis le début de la pandémie, on a constaté une augmentation de 91% des décès liés à une intoxication aux opioïdes, et à date en 2022, on dénote une augmentation de 61% des interventions de services médicaux d’urgence en lien avec les opioïdes. 2 La Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario sont les régions les plus durement frappées et les hommes âgés de 20 à 59 ans comptent pour la majorité des décès liés aux opioïdes, soit (76%). 3

Les gens, y compris les jeunes, sont plus stressés et angoissés, et peuvent être tentés de consommer pour faire face à leur situation.  Ils se retrouvent souvent isolés et consomment seuls des substances.  Dans un tel contexte, l’accès restreint à des services au moment où ils en ont eu besoin combiné à un approvisionnement de drogues de plus en plus toxique sont deux facteurs qui ont contribué à une augmentation des intoxications liées aux opioïdes.

Quiconque utilise ces substances s’expose à une surdose accidentelle, y compris ceux qui :

  • sont aux prises avec un problème de consommation;
  • consomment de la drogue à l’occasion dans un contexte récréatif;
  • consomment une drogue illégale pour la première fois;
  • ne suivent pas rigoureusement les consignes de leurs professionnels de la santé.

Facteurs de risque

Les parents doivent être conscients de certains facteurs qui pourraient accroître les risques de dépendance aux opioïdes ou toute autre forme de dépendance chez un enfant. Des facteurs de risques psychologiques, sociaux et biologiques tels que la génétique, la santé mentale, des traumatismes subis en bas âge, la pauvreté et l’absence d’un environnement familial adéquat sont tous des facteurs qui accroissent les possibilités d’une consommation problématique de drogues par des jeunes, ou de problèmes de santé liés à leur usage.

Parmi d’autres facteurs de risque, on peut mentionner :

  • des antécédents personnels d’usage problématique de substances, y compris l’alcool;
  • des antécédents familiaux de consommation problématique de substances ou de dépendance;
  • des antécédents d’abus sexuels chez des préadolescents ou de traumatismes subis pendant l’enfance;
  • des antécédents personnels de problèmes psychiatriques.

Les facteurs de risque ne déterminent pas l’avenir d’un enfant – mais ils peuvent donner un aperçu de sa probabilité à consommer des drogues de façon problématique ou, d’une prédisposition en matière de dépendance. Il est important de connaître les facteurs de risque, étant donné que des jeunes qui ont peut-être déjà expérimenté des substances telles que l’alcool ou le cannabis sont plus enclins à essayer d’autres substances, dont les opioïdes.

Reduire les méfaits

Si votre enfant (ou un jeune dans votre entourage) consomme des opioïdes de façon problématique ou est aux prises avec un trouble lié à l’usage d’opioïdes, prenez connaissance des signes de surdose, ayez de la naloxone à portée de la main et réduisez les risques entre autres d’une intoxication accidentelle en élaborant des consignes de sécurité avec eux. 

Parlez-leur de l’importance de ne jamais consommer seul et, s’ils consomment, de le faire dans des centres de consommation supervisés et de prévention des surdoses.  Rassurez-les qu’ils ne seront pas dans le trouble dans l’éventualité où ils doivent appeler quelqu’un pour de l’aide.  Il est important qu’ils comprennent que vous serez là pour les soutenir au moment où ils seront prêts et demanderont de l’aide.

Si vous êtes en relation avec un jeune aux prises avec un problème de dépendance aux opioïdes, communiquez avec le centre de traitement de votre région ou pour une consultation à court terme avec un conseiller professionnel, visitez ClicParents.  Nous sommes là pour vous conseiller et vous guider afin de trouver des informations et des ressources qui répondront à vos besoins spécifiques.

Stigmatisation

Il est important de comprendre qu’une consommation  problématique de substances ou une dépendance n’est pas un choix délibéré; il s’agit d’une condition médicale. 

Donc, pourquoi les personnes ou les familles qui ont besoin d’aide ne reçoivent-elles pas l’aide dont elles ont besoin?

« La stigmatisation est la clef pour comprendre ce qui empêche les gens d’agir, de recevoir l’aide nécessaire et de mettre en pratique des méthodes de réduction des méfaits. Il s’agit d’une situation pernicieuse. La stigmatisation liée aux opioïdes et aux divers problèmes de consommation de substances éclipse tout autre type de stigmatisation associée à la maladie mentale »

– Stéphanie Knaak, Ph.D., Commission de la santé mentale du Canada.

Le rôle joué par la stigmatisation dans la crise des opioïdes au Canada ne doit pas être sous-estimé.

La stigmatisation entourant l’usage de substances a isolé les gens qui prennent de la drogue et a créé des obstacles importants tels que la honte et la culpabilité qui les empêchent de demander l’aide et le soutien dont ils ont besoin. Cette situation incite souvent les gens à consommer en solitaire, ce qui peut, d’autre part, mener à des surdoses en l’absence de toute personne pouvant leur venir en aide.

Même de modestes changements peuvent servir à contrer le cycle de la stigmatisation; par exemple :

  • adopter un langage axé sur la personne;
  • ne pas dénigrer les gens qui consomment en les étiquetant à la problématique;
  • prendre le temps d’écouter avec empathie et ne pas porter de jugement.

Il est important d’aborder le sujet de la stigmatisation et ses répercussions négatives avec tous les jeunes qui font partie de votre vie. Si nous ouvrons les discussions familiales sur la question de la stigmatisation, nous pourrons ensemble réfléchir à comment nous agissons avec ceux et celles qui sont aux prises avec un quelconque problème de consommation problématique de substances, et nous pourrons rectifier le tir afin d’améliorer comment nous en parlons.

Pour mieux comprendre les répercussions négatives de la stigmatisation, et ce que nous pouvons faire ensemble pour la contrer – nous vous encourageons à lire le rapport axé sur la stigmatisation de l’administratrice en chef de la santé publique au Canada 2019.

Pour en savoir davantage et connaître les statistiques sur la crise des opioïdes, veuillez consulter le site de Santé Canada.