Les médicaments d’ordonnance

On trouve dans une maison canadienne sur deux des médicaments d’ordonnance qui peuvent être potentiellement dangereux et, dans la plupart des cas, ils ne sont pas placés en des endroits sécurisés.

Certains jeunes croient à tort que c’est plus sécuritaire de consommer des médicaments d’ordonnance et ce, même à des fins non médicales 

Il est probable que certains jeunes ont facilement accès à des médicaments qui peuvent s’avérer très nocifs pour leur santé.

  • La pandémie de Covid-19 a  aggravé la crise des opioides; depuis le début de la pandémie, on a constaté 6 946 décès apparemment causés par une intoxication aux opioïdes (soit entre avril 2020 et mars 2021), une augmentation de 88 % par rapport à la période équivalente précédant la pandémie (3 691 morts entre avril 2019 et mars 2020).1
  • De façon constante, les jeunes gens forment environ 20% des décès causés par des opioïdes qui  peuvent être évités. 2
  • Les taux d’hospitalisations pour une intoxication aux opioïdes ne cessent d’augmenter  parmi tous les groupes d’âge, mais particulièrement chez les 15 a 24 ans.3
  • 13% des étudiants du secondaire de l’Ontario 1 déclarent utiliser des antidouleurs sous ordonnance qui ne leur ont pas été prescrits et 49% disent les avoir pris à même l’armoire à pharmacie familiale.4

Les médicaments en vente libre peuvent aussi être consommés à des fins récréatives

Dans bien des régions du pays, les adolescents peuvent facilement se procurer des médicaments contre la toux ou le rhume en vente libre à l’épicerie, à la pharmacie ou dans les dépanneurs qui offrent ces produits. Ils peuvent aussi les trouver à la maison ou les commander en ligne. Et même s’ils ne commandent pas ces médicaments en ligne, ils peuvent néanmoins parcourir le Web pour trouver des renseignements et des vidéos à propos des drogues à essayer et à mélanger.

Des médicaments en vente libre contiennent l’ingrédient actif qu’est le dextrométhorphane peut produire un effet d’euphorie, et en quantité excessive, il peut être extrêmement dangereux. En 2018-2019, la prévalence de la consommation de dextrométhorphane pour ses effets psychotropes au cours des 12 derniers mois chez les élèves de la 7e à la 12e année est passée à 6 % (environ 126 000), par rapport à 5 % en 2016-2017.5

Les laxatifs, les diurétiques et les pilules amaigrissantes peuvent aussi être utilisés sans motif médical afin d’atteindre un poids idéal.

Les jeunes gens commencent en prenant quelques pilules amaigrissantes, mais ils deviennent ensuite complètement dépendants à celles-ci. Les produits amaigrissants à base d’herbes peuvent être aussi dangereux que les pilules amaigrissantes. Toutes ces substances stimulent le système nerveux central et, comme les amphétamines, peuvent entraîner des effets secondaires graves.

Avant de consommer des médicaments d’ordonnance ou en vente libre, il est important de lire l’étiquette attentivement, de consulter son médecin de famille ou son pharmacien.

 Nous encourageons fortement les parents à toujours :

  • Apprenez-en plus sur les médicaments d’ordonnance et ceux en vente libre les plus courants: en effet, en vous familiarisant avec les types de médicaments qui sont les plus prescrits, vous pourrez plus facilement déterminer ceux les plus populaires auprès des ados et les plus susceptibles d’être utilisés de façon inappropriée.
  • Sécuriser tous les médicaments qui sont dans leur maison.
  • Développer des stratégies d’adaptation positives face au stress et à l’anxiété.
  • Parler ouvertement avec leurs jeunes des risques de consommer toute forme de médicaments à moins qu’ils ne soient prescrits pour eux par un médecin.

Soyez vigilants avec vos médicaments

Est-ce qu’un membre de votre famille ou vous-même devez prendre des médicaments d’ordonnance? Voici quelques façons simples d’assurer que vos médicaments soient en sécurité :

1. Installez une armoire à pharmacie fermée à clé – un solution simple.

2. Placez les médicaments d’ordonnance et en vente libre sous clé soit dans un coffret de sûreté, un tiroir ou une filière avec serrure.

3. Ne jetez pas vos médicaments inutilisés dans la cuvette – c’est dommageable pour l’environnement.

4. Regroupez et placez en sécurité tous les médicaments périmés ou inutilisés jusqu’à ce que vous les rapportiez en pharmacie

Protégez vos jeunes – Parlez avec eux de l’importance d’utiliser les médicaments tel que prescrits.

Prêts à amorcer la conversation? Voici quelques trucs utiles :

Utilisez des questions ouvertes – Elles peuvent vous aider à amorcer le dialogue et à vous éviter de sermonner vos enfants. Exemple : « Qu’est-ce qui peut amener des ados à consommer des médicaments d’ordonnance « pour le fun ? »

Écoute active – Sollicitez l’opinion de votre ado ou jeune adulte à propos de la consommation. « Qu’est-ce qui se dit du fait que certains prennent le sirop pour la toux pour se geler ?» Confirmez que vous êtes à l’écoute – Laissez vos enfants savoir que vous avez entendu ce qui a été dit. Par exemple : « Tu sembles inquiet à l’effet que des ados que tu connais consomment des comprimés pour la douleur. » La validation ou l’effet miroir ne signifie pas que vous êtes nécessairement d’accord, mais que vous saisissez ce que votre enfant essaie de vous communiquer.

Choisissez le bon moment et l’endroit – Recherchez des occasions propices au dialogue où vous serez réceptifs les uns envers les autres comme une randonnée en vélo, une balade en auto ou une activité de plein air.

Fournissez-leur de l’information – Expliquez à votre jeune que consommer les médicaments d’une autre personne peut être dangereux. Demandez lui aussi s’il est conscient des risques qu’implique l’expérimentation d’opioïdes et discutez ensemble des effets que la consommation peut avoir sur la santé physique et mentale.

Parlez d’avenir – Encouragez votre jeune à réfléchir à ses plans d’avenir et ainsi entrevoir les répercussions positives de faire des choix éclairés et sains.

Empathie et soutien – Faites-leur voir que vous comprenez que l’adolescence peut être difficile. Dites-leur que vous êtes conscient que tout le monde peut connaître des moments difficiles, comme c’est le cas actuellement, et qu’il peut être tentant de consommer pour faire face aux problèmes. Parlez leur de l’importance de trouver des mécanismes d’adaptation sains et offrez-leur de chercher des solutions ensemble.

Par-dessus tout, montrez-leur toujours que vous les aimez – Rappelez-leur que vous serez toujours là pour les soutenir et les guider et que, pour vous, il est important qu’ils soient en santé, heureux et qu’ils fassent des choix intelligents et sécuritaires.

Arrêtons la stigmatisation

Surveillez votre ton de voix lorsque vous abordez la question de la consommation, donnez-vous l’impression de «juger»?

Un ton ou des propos condescendants peuvent être contre-productifs, en plus d’avoir des effets très négatifs sur les gens qui ont les problèmes de santé mentale, sont atteintes de maladies chroniques ou handicapées qui ont besoin de prendre des médicaments, ceux qui consomment des opioïdes ou d’autres substances, ceux qui ont des problèmes de consommation ou ceux en rétablissement ainsi que leurs familles.

La stigmatisation crée un profond sentiment de honte chez les individus les poussant à s’isoler pour consommer, les rendant susceptibles à faire une surdose accidentelle et connaître une mort affreuse, dans la solitude.

QUICONQUE consomme de la drogue peut être victime d’une surdose accidentelle, y compris ceux qui :

  • sont déjà aux prises avec un problème de consommation;
  • prennent de la drogue à l’occasion dans un contexte récréatif;
  • consomment une drogue illégale pour la première fois;
  • ne suivent pas rigoureusement les consignes des professionnels de la santé qui les concernent.

Amorcer une conversation sur la stigmatisation peut amener tout le monde à s’interroger sur la façon dont nous traitons ceux qui sont aux prises avec un problème de consommation, peu importe la substance et comment nous pouvons les inciter à demander de l’aide.

La campagne nationale de Récupération de médicaments

Chaque année, notre campagne nationale de Récupération de médicaments souligne l’importance que les médicaments d’ordonnance et en vente libre soient utilisés seulement aux fins prévues, la sécurisation de tous les médicaments et le retour des médicaments périmés et inutilisés à la pharmacie pour une élimination appropriée.

En août 2021, sous le thème «La famille, ça ne partage pas tout»,  la campagne a rappellée aux parents que les médicaments d’ordonnance et en vente libre devraient être utilisés seulement par la personne pour qui ils ont été prescrits.

JSD encourage toujours les parents à avoir des conversations sincères et réfléchies avec leurs jeunes sur une gestion saine du stress et sur les risques associés à l’usage récréatif de médicaments sur la santé physique et mentale.

Brosse à dents familiale – Radio
Footnotes

1. https://sante-infobase.canada.ca/mefaits-associes-aux-substances/opioides-stimulants

2. Rapport sur l’état de la santé publique au Canada 2019

3. Institut canadien d’information sur la santé

4. CAMH 2021 OSDUHS

5. Santé Canada, L’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves 2018-2019